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«Le journalisme c’est la rencontre des autres»

Dernière mise à jour : 19 janv.

Qu’on apprécie ou pas l’oiseau, il est difficile de parler journalisme sans évoquer Jacques Pilet. Fondateur de journaux, rédacteur en chef, reporter, éditorialiste et romancier, l’animal aura incontestablement laissé une trace dans les passions d’hier et les réflexions d’aujourd’hui. Au travers d’échanges nourris, inquiétants parfois, vivants toujours avec Jacques Poget, le fondateur de L'Hebdo reprend un peu de sa respiration pour nous transmettre le souffle de l’histoire.

© DR
 

En raison de la proximité des deux protagonistes de cet échange (collaboration au sein de Bon pour la tête), l'interview est exceptionnellement publiée sur le mode du tutoiement.

 

Amèle Debey, pour L’impertinent: As-tu participé à rédiger les questions de Jacques Poget? Car elles me semblent tout de même bien conciliantes.


Jacques Pilet: Non.


Ce n’est pas vraiment une interview, mais tes mémoires sous la forme d’échanges. Non? Ce livre fait-il partie de ton héritage?


Je me soucie peu de mon héritage. Si quelqu’un veut le considérer comme cela il en est libre.


Tu le dédies tout de même à tes petits-enfants…


Sans doute y a-t-il le souhait de laisser une trace pour quelques personnes, en particulier pour celles que j’aime.


Lorsque tu parles de journalisme de guerre, tu écris notamment: «Comme nous ne sommes pas directement impliqués, nous pourrions trouver le recul nécessaire à analyser la situation en tendant à une certaine objectivité». Est-ce ce qui a manqué aux journalistes pendant le Covid?


Juste une précision: ce livre n’est pas un exercice critique sur la profession à travers les âges et aujourd’hui. Je réfléchis à l’évolution de mon métier et je me pose des questions. Dans le cas de la crise Covid, il s’est produit des phénomènes qui dépassent très largement la question des médias et de la presse. Il y a eu un choc, tout à fait légitime, à la découverte de cette maladie que l’on connaissait peu ou pas au début. Et il y a eu un effet de peur qui s’est emballé.


Je pense que cet emballement de la peur a atteint les pouvoirs eux-mêmes, le Parlement lui-même – qui s’est pratiquement dessaisi de la question pendant des mois. Bien sûr que cet émoi s’est traduit dans les médias. Il est vrai que lorsque l’on est pris dans une telle tourmente, il est très difficile de garder la tête froide. Ce n’est qu’au fil des mois et des informations qui sont apparues que la presse en particulier a commencé à donner, ici et là, la parole à des gens qui ne partageaient pas la vision des autorités sanitaires. Mais cela a été long et parcimonieux.


As-tu l’impression aujourd’hui que cette presse se remet en question par rapport au travail fourni au début de cette crise? Le Bild, en Allemagne, a présenté ses excuses à la population. Est-ce quelque chose que l’on peut imaginer ici selon toi?


Je ne sais pas. C’est aux journalistes concernés qu’il faut poser la question. Je ne sais pas où ils en sont de leurs réflexions. Mais tous les médias devraient s’interroger sur leur traitement de cette crise. Parce que, pour une partie non négligeable de la population, les médias ont donné le sentiment d’une couverture trop unilatérale ou même dirigiste. Dans un moment où, de façon beaucoup plus général, il se développe une mauvaise humeur – pour le moins – à l’endroit des médias, ce sont des questions dont nous devons débattre. A l’échelle de la société, des rédactions bien sûr, mais aussi à l’échelle personnelle de chacun de nous. Maîtrisons-nous bien la tourmente de nos émotions?


Je lisais ce matin que l’université populaire de Lausanne propose un cours intitulé «Dédramatiser le catastrophisme», avec le recours d’un pasteur et d’une journaliste (inscriptions ici, ndlr). C’est une question qui se pose à chacun et que je trouve très intéressante: comment ne pas se laisser dominer par ses émotions.


Tu parles également des médias qui ne tolèrent plus les voix discordantes. Prends-tu plus de pincettes désormais dans tes écrits?


J’ai pu exprimer librement mes opinions toute ma vie. Il est vrai que ces deux dernières années je prends des précautions pour le faire. Afin de ne pas heurter d’emblée les gens qui ne partagent pas la même vision. Afin qu’ils m’écoutent jusqu’au bout. Si dès le titre ou le chapeau, le lecteur qui n’est pas d’accord avec moi a le sentiment que je le provoque, on en restera là. Si je trouve le moyen de l’amener à une discussion contradictoire, ça me fait très plaisir.


Tu parles de la frilosité des journalistes à aborder certains sujets par peur des représailles, n’est-ce pas pourtant ce que tu as fait lorsque tu as refusé l’interview de Jean-Dominique Michel en avril 2020. Refus qui a d’ailleurs entrainé la création de L’impertinent?


J’avais trouvé cet article simpliste, provocateur et n’apportant rien.

 

Re(lire) l'article en question: «Les décisions de nos gouvernements n’ont probablement fait que retarder l’agonie»

 

Tu dis que l’analyse anticapitaliste produit peu d’effet. Pourquoi?


Parce que quelques personnes et quelques milieux maudissent les capitalistes du matin au soir, sans jamais dessiner ce qu’ils souhaitent à la place. Car les contre-modèles du capitalisme, en gros le communisme, n’est pas un modèle très attrayant aux vues des expériences anciennes et actuelles.


Il y a quelque chose de déclamatoire dans ces professions de foi anticapitalistes. Nous ne sommes pas placés devant le choix entre un modèle capitaliste et un modèle fondamentalement alternatif, ou alors il faut aller pour le trouver en Chine, au Vietnam. Ce qui ne donne pas très envie.


Et puis ces professions de foi anticapitaliste sont souvent très simplistes. Car de quel capitalisme parle-t-on? Il est en pleine transformation. Avec aujourd’hui, par exemple, l’émergence de géants qui prennent un pouvoir démesuré dans certains domaines: les GAFA par exemple. Je parle aussi de Bill Gates et de sa fortune gigantesque et de l’usage qu’il en fait. C’est une nouvelle mouture du capitalisme.


Big Tech?


Ce n’est pas seulement une question technique, ce sont aussi des mécanismes financiers, des concentrations de pouvoirs. L’émergence de certains géants de l’économie d’aujourd’hui leur donne une dimension souvent de nature monopolistique qui en réalité entre en contradiction avec les règles élémentaires du capitalisme, qui prévoit la libre-concurrence, la possibilité pour chacun de tenter de créer son entreprise.


Concernant l’Union européenne, tu parles de «règles du jeu à accepter». Mais l’adhésion de la Suisse à cette UE n’est-elle pas désormais plus que le fantasme des «plumitifs bourgeois» auxquels tu admets toi-même faire partie?


Je crois que la question extrêmement importante de notre voisinage se pose à tout le monde. Aux plumitifs ou pas plumitifs. Bourgeois pas bourgeois. Chaque citoyen de ce pays – chaque habitant de ce pays, qu’il ait la nationalité ou pas – est concerné de facto par la nature de notre relation avec les voisins. Par notre participation à certaines actions de l’Union européenne et d’ailleurs, dans les faits, nous nous adaptons à toutes sortes d’initiatives de l’UE, même sans en faire partie.


Je pense donc qu’un accord solide avec elle est indispensable. Et personnellement, je souhaiterais bien sûr que ce pays puisse déterminer avec les autres les caps qui sont choisis. Qu’il ne fasse pas que reprendre les mesures, subir les effets de certaines décisions sans avoir lui-même été assis à la table où celles-ci ont été prises. C’est pour moi une question de dignité.


J’ai une trop haute idée de ce qu’est la Suisse avec son expérience historique, humaine, politique pour admettre encore longtemps qu’elle ne soit pas associée, partie active et délibérative de ce groupe de pays, qui d’ailleurs évolue sans cesse. Connaît des échecs et des succès. Tant que l’Union européenne existera, je souhaiterais que la Suisse participe à ce concert.


Les opposants à l’adhésion pourraient te répondre que c’est justement parce qu’ils ont une haute opinion de la Suisse qu’ils ne veulent pas se plier à ces règles.


Dans le monde d’aujourd’hui, face aux GAFAM par exemple, ce n’est pas la Suisse fière et solitaire qui fera quoi que ce soit. Or ces GAFAM sont aujourd’hui frappés par des amendes de milliards de dollars par l’Union européenne pour leurs abus et leurs manipulations.


Face au défi climatique, ce n’est pas en multipliant les tracas pour les automobilistes dans nos villes que nous résoudrons le problème. C’est évidemment à une échelle plus large: européenne, puis mondiale. Nous sommes face à tant de défis qui dépassent le cadre national. La réponse que tu suggères valait peut-être autrefois. Aujourd’hui, le monde fonctionne autrement. Avec des enjeux, des puissances. Dans cette redistribution des cartes géopolitiques, l’Europe doit s’affirmer. Elle ne le fait d’ailleurs pas assez. Et la Suisse doit s’associer à ces efforts. Nous ne sommes pas une petite bulle confortable et idéale qui flotte dans l’univers.


Cette même UE est pourtant dirigée par Ursula von der Leyen qui n’a pas vraiment de leçon à donner niveau abus, manipulation et corruption, semble-t-il.


La présidente de la Commission européenne n’a heureusement qu’un pouvoir limité. Ses compromissions avec certaines entreprises, ses manipulations, celles de son mari à des fins d’enrichissement… Tout cela est accablant. Mais des enquêtes sont en cours. D’autres pouvoirs remettront peu à peu de l’ordre dans la maison.

 

Re(lire) l'article: Qui arrêtera Ursula von der Leyen?

 

Ne penses-tu pas que ton enfance privilégiée, à une époque privilégiée te coupe peut-être de la compréhension de certaines détresses, notamment liées à cette question?


Cela suggère qu’il faudrait avoir eu faim dans son enfance pour comprendre la détresse de la famine dans le monde. Je ne suis pas de cet avis.


Mon enfance était privilégiée parce que j’ai eu la chance d’avoir des parents extraordinaires qui vivaient très modestement. Elle a également été privilégiée par certains professeurs qui m’ont encouragé. Ensuite, cette enfance, cette adolescence, cet âge adulte, c’est vrai, a été privilégié grâce à toutes les personnes extraordinaires que j’ai rencontrées sur mon chemin. Grâce aux grands journalistes avec qui j’ai eu le bonheur de travailler.


Tu n’y es pas pour grand-chose, finalement?


Non, c’est vrai. Je dois énormément aux autres. Je pense que j’ai écrit ce livre pour rappeler cela. J’y parle beaucoup des autres, peut-être plus que de moi. Parce qu’avançant en âge j’avais envie d’exprimer cette gratitude. Pourquoi ne ferait-on pas un livre pour dire merci?


Merci aux personnes qui ont joué un rôle hier. A celles qui jouent un rôle aujourd’hui. Merci aussi à ces amis que j’ai eu la chance de pouvoir découvrir à travers le monde. Car pour moi les voyages – professionnels ou personnels, je n’ai jamais vraiment fait la différence – ce sont des voyages d’un honnête homme curieux du monde. Qui parfois écrivait des articles, parfois pas. Le voyage c’est aussi une aventure humaine. L’occasion de rencontres. Et parfois de tisser des liens privilégiés et durables. J’en évoque quelques-uns. C’est cela que j’ai voulu dire dans ce livre: pour moi le journalisme c’est la rencontre des autres. C’est l’écoute des autres.


D’ailleurs, à cet égard, si on veut parler de l’évolution des médias, je suis très heureux qu’internet et les réseaux sociaux existent. Je n’ai jamais eu autant de commentaires à mes articles lorsque je travaillais dans des journaux imprimés. De voir toutes ces réactions, ces discussions qui démarrent à partir d’un article, c’est une profonde satisfaction.


Une citation de ton livre m’a frappée: «La disparition d’un titre important a toujours une signification qui la dépasse». Vu que L’Hebdo et Le Nouveau Quotidien ont disparu, comment est-ce que cette phrase a résonné en toi?


Je corrige une chose: L’Hebdo a eu 36 ans de vie, j’en souhaite autant à L’Impertinent. Cela a été un moment de la presse romande interrompu par des motivations de diverses natures que j’explique dans mon livre. Quant au Nouveau Quotidien, il est l’une des deux pierres fondatrices d’un journal qui s’appelle Le Temps. Et je suis très fier de penser que l’équipe et l’éditeur du NQ ont permis que naisse Le Temps, avec l’apport du Journal de Genève.


Cette fusion n’était-elle pas destinée à sauver le NQ qui était dans les chiffres rouges?


D’abord les deux journaux concernés étaient dans une situation économique critique à ce moment-là. Il y a surtout eu la prise de conscience que ces deux titres ne trouveraient jamais le développement et l’impact idéal à l’échelle de la Suisse romande et qu’imaginer un projet plus ambitieux, plus large sur leurs bases était une sage décision.


Croire que toutes les mutations de la presse sont dues exclusivement à des motifs économiques est de courte vue. Il y a toujours d’autres composantes dans les projets journalistiques et médiatiques. Cela dit, le paysage de la presse romande et Suisse n’est jamais un long fleuve tranquille. Il y a une quantité de journaux dans ce pays romand qui ont disparu ces dernières décennies. D’autres sont apparus. De nouvelles plateformes journalistiques sont nées et je trouve que, dans ces péripéties médiatiques, il y a parfois des sources de regrets, mais tout autant de sources d’espoir.


Ne compte pas sur moi pour réciter la litanie du «C’était mieux avant». À bien des égards c’est mieux qu’avant. Et celui qui dit cela a quelques décennies de pratique de ce métier. C’est plus passionnant aujourd’hui. Certes, les journalistes sont confrontés à des difficultés économiques, sont soumis à de grandes pressions. Mais la plupart continuent d’aimer ce métier. Je ne me joindrai pas à quelque lamento que ce soit.


Quelques mots à propos de Bon pour la tête, que tu as également participé à fonder. Ne vous êtes-vous pas précipité dans le lancement? N’aurait-il pas fallu attendre de récolter plus de fonds? T’es-tu dit que, parce que ça portait ton nom, ça allait forcément marcher?


J’apprécie tes conseils en management. Mais permets-moi de te dire que nous nous sommes retrouvés, après la fin de L’Hebdo, à quelques personnes à avoir tout simplement envie de nous exprimer. Nous avons cédé à cette envie.


Très vite, nous nous sommes aperçus que notre envie rejoignait celle de personnes qui n’avaient rien à voir avec L’Hebdo. De gens plus jeunes qui souvent entraient dans le métier. Il en est résulté une structure tout à fait différente de celles que j’avais connues auparavant. C’est une association qui travaille sur un mode collectif, où je n’occupe pas de position hiérarchique.


Tu sais bien que c’est toi qui a le dernier mot sur toutes les décisions qui sont prises, tout de même.


Absolument pas. Nous discutons et nous nous mettons d’accord. Il arrive qu’il y ait des désaccords et c’est au terme de la discussion qu’il finit par se dégager un point de vue acceptable pour tous. Ce n’est pas toujours le mien. Je trouve très stimulant d’avoir ce mode de fonctionnement. A titre personnel, je trouve ça très rafraîchissant de ne plus avoir ce type de responsabilité particulière. Pouvoir me concentrer sur ce que j’écris. Tout en ayant le plaisir de discuter avec des hommes et des femmes agréables et intelligents. C’est un exercice particulier.


On pourrait discuter longuement du fonctionnement de ce genre de boutique, puisque tu en diriges une, je ne suis pas sûr que cela intéresse beaucoup les lecteurs. Ce qui les intéresse c’est ce qu’on leur met sous le nez. Est-ce qu’ils ont le sentiment que nous leur apportons quelque chose – si possible inattendu – ou pas. C’est la seule question qui m’intéresse.


Oui, en effet: tu ne parles pas forcément de ce qui intéresse les lecteurs, puisque c’est ce qui t’intéresse toi. Mieux te connaître et savoir qui tu es peut aussi intéresser les lecteurs.


Je m’exprime tout à fait librement et je dis simplement que se perdre dans une discussion sur le fonctionnement interne des rédactions ou des boutiques que nous animons n’intéresse pas beaucoup le lecteur. Lui veut savoir ce qu’on lui apporte. C’est ce qui a la priorité.


Tu vas me dire que tu n’as absolument pas conscience que tu as une certaine aura qui peut intimider certaines personnes, en impressionner d’autres? Qu’il y en a qui vont se liguer dans ton camp parce qu’ils n’ont pas forcément le sentiment d’avoir le choix? Ta personnalité peut faire en sorte que tu sois naturellement un leader.


Je ne suis pas juge de ma personnalité et de l’effet que je produis sur les autres. J’ai une personnalité, une certaine façon de m’exprimer, si cela intimide ou bloque certains et enthousiasme d’autres, c’est eux que ça concerne. Je suis tel que je suis, je ne me pose pas ce type de questions.


N’as-tu pas le sentiment d’être journaliste avant tout en négligeant parfois le côté humain? Ce livre était-il une façon d’équilibrer les choses?


Je ne suis pas sûr de voir vraiment ce que tu veux dire, mais je répondrai néanmoins: J’ai toujours pratiqué le journalisme, j’ai eu la chance de pouvoir le faire – ce qui n’était pas le cas de tous mes confrères – en y mettant beaucoup de moi. Ma sensibilité personnelle, mes affinités avec certaines causes, avec certaines personnes. Je ne fonctionne pas comme un programme d’intelligence artificielle comme il en existe aujourd’hui, qui recueille des bribes d’information sur toutes sortes de sources et qui les rédige dans une forme acceptable et neutre.


Je parle de ChatGPT, que j’ai testé bien sûr et je trouve l’expérience intéressante. Lorsque l’on pose une question, on reçoit une réponse rédigée en français correct: sujet, verbe, complément, les mots qu’il faut. Cette réponse est nourrie de toutes sortes d’information qui sont agrégées. Cela n’a rien à voir avec la réflexion. Avec le travail humain d’interprétation des phénomènes.


J’ai parfois l’impression, quand je lis certaines nouvelles d’agence, qu’elles ont été rédigées par l’intelligence artificielle. On agrège des faits et on appelle ça une synthèse.


Je n’ai jamais travaillé comme une machine, j’ai toujours mis un peu de moi-même dans mon travail. Je vois donc mal comment pourrait s’opérer une division entre le journaliste et l’homme.


Passons aux questions plus personnelles: as-tu des regrets en tant que père et mari?


Non.


Penses-tu que le journalisme soit compatible avec une vie amoureuse?


Oui.


Tu donnes un peu l’impression d’être un animal indomptable qu’on ne parvient jamais totalement à saisir. Jacques Pilet peut-il être l’homme de quelqu’un?


C’est à ce quelqu’un de répondre. Au féminin ou au masculin. Au singulier ou au pluriel.


Tu parles souvent de ta femme dans le livre en l’appelant par son prénom et son nom, Simone Oppliger. Pourquoi cette distance?


Simone Oppliger était une grande figure de la photographie et de l’écriture en Suisse romande. J’ai tenu à ce que son nom et son prénom apparaissent souvent dans ce livre.


Lors d’une conférence sur les médias donnée à l’hôtel Best Western de Lausanne, la journaliste Martina Chyba a été prise à partie par le public au sujet du traitement de la crise Covid par la RTS. Elle a ensuite refusé que l’enregistrement vidéo de cette conférence soit diffusé sur Youtube. Toi aussi. Pourquoi?


Je n’ai pas à répondre à cette question car il faudrait revenir sur cette soirée pas particulièrement marquante. Cela n’a donc pas de sens d’y répondre.


Vers la fin du livre, tu parles de la mort d’une amie. Tu écris qu’elle «quittait la scène avec cette élégance de l’adieu qui est pour moi un signe de noblesse». T’es-tu inscrit à Exit?


Ça ne te regarde pas.

 








Jacques Pilet, journaliste. Le souffle de l’histoire, Entretiens avec Jacques Poget, éd. Alphil.
 

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