Ancien conseiller national et maître du Barreau genevois, Me Charles Poncet est aussi un amoureux et un spécialiste des États-Unis où il a vécu et étudié et où il se rend fréquemment. Il analyse l’élection de Zohran Mamdani, représentant de la gauche radicale américaine, à la mairie de New York. À 34 ans, le nouvel élu, né en Ouganda, sera le premier maire musulman de la Big Apple. Interview.
Robert Habel, pour L'Impertinent: On a l’impression que Zohran Mamdani est l’anti-Trump parfait?
Charles Poncet: Son fonds de commerce, c’est son positionnement anti-Trump. Il est né en Ouganda, c’est un immigré, il est jeune et beau, c’est un socialiste marxiste extrémiste. Il a réussi à se profiler comme l’opposant numéro 1 à Trump. Il a fait d’ailleurs toute sa campagne en disant que Mario Cuomo, son adversaire battu issu du parti démocrate, n’était qu’un paillasson pour Trump, que c’était au fond un faux opposant.
Il s’oppose à Trump sur tous les enjeux politiques.
Sur tous les thèmes de l’administration actuelle – l’immigration clandestine, le soutien à Israël, la lutte contre la criminalité, l’islam – il est en opposition frontale. Mais pour d’autres sujets, par exemple le contrôle des loyers, il ne l’est pas forcément, parce que Trump est le premier à dire qu’il faut construire, que New York n’a pas assez construit sous Biden. Trump, c’est fondamentalement un promoteur immobilier de Brooklyn. C’est un thème sur lequel ils pourraient s’entendre, mais il y en a tellement sur lesquels ils sont en désaccord. Trump est ravi qu’un extrémiste de gauche, en outre musulman et antisémite, soit élu, il ne pouvait pas rêver mieux pour déconsidérer ses opposants.