Vaccination: les raisons de la méfiance

Dernière mise à jour : 17 août 2021

Sur le thème de la vaccination, les pouvoirs publics qu’ils soient politiques ou médiatiques chantent la même musique, jusqu’à basculer dans la propagande idéologique. Le journal Le Temps n’a pas hésité à prendre clairement parti en titre, laissant de côté son rôle d’informateur pour se muer en influenceur. Les publications de Tamedia ainsi que la RTS tentent de répondre aux questions des sceptiques en interrogeant les mêmes «experts» depuis le début de la crise. Pendant ce temps, les entreprises pharmaceutiques font gonfler les prix de leur vaccin et les fuites de contrats signés entre les différents pays et ces entités donnent, une fois de plus, raison à ceux qu’on préfère encore taxer de complotistes.

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«L'Acheteur reconnaît que le vaccin et les matériaux relatifs au vaccin, ainsi que ses composants et matériaux constitutifs, sont en cours de développement rapide en raison des circonstances d'urgence de la pandémie de COVID-19 et continueront d'être étudiés après la fourniture du vaccin à l'Acheteur en vertu du présent accord. L'Acheteur reconnaît en outre que l'efficacité et les effets à long terme du vaccin ne sont pas encore connus et qu'il peut y avoir des effets indésirables du vaccin qui ne sont pas actuellement connus.»

Voici un extrait du contrat signé entre Pfizer et le Brésil (l’Acheteur), qui a fuité sur internet. Cette clause apparaît également dans les document signés avec l’Albanie, ainsi qu'avec la Commission européenne, que L'Impertinent s'est procurés. Elle amoindri la responsabilité juridique de Pfizer en cas d’effets secondaires, voire de décès, puisque les acheteurs reconnaissent qu’ils acceptent d’acquérir un produit dont la sureté n’est pas assurée par le vendeur. En sus, les nations signataires s’engagent formellement à prendre en charge les frais de défense de l’entreprise pharmaceutique en cas de plainte. Après la fuite de ces documents sur Twitter, par le biais d'Ehden Biber, un lanceur d'alerte spécialisé dans la sécurité du web, le réseau social a suspendu son compte. Ces contrats étant dotés d'une clause de confidentialité valable pendant dix ans.


La question de la responsabilité des pharmas en cas de pépin a été soulevée en début d’année. Les Décodeurs du journal Le Monde affirmaient alors, en se basant sur les éléments fournis par la Commission européenne: «Elle rappelle que les contrats sont conclus conformément aux règles de l’UE, qui “exigent que cette responsabilité incombe toujours à l’entreprise”: si un produit est défectueux, c’est bien le laboratoire qui est responsable». LCI, notamment, avait publié un article parvenant à la même conclusion.


Or, voici ce qu'on peut lire dans le contrat signé entre Pfizer et l'UE, sous la mention indemnisation: «La Commission, au nom des États membres participants, déclare que l'utilisation des vaccins produits dans le cadre de cet APP se fera dans des conditions d'épidémie nécessitant une telle utilisation et que l'administration des vaccins sera donc effectuée sous la seule responsabilité des États membres participants. Par conséquent, chaque contractant participant, donneur de licence et sous-licencié, ainsi que les officiers directeurs, employés et autres agents et représentants de chacun d'entre eux (collectivement, les "personnes indemnisées") sont indemnisés de toutes les responsabilités encourues, des règlements conformément à l'article I.12.6, et des frais juridiques externes directs raisonnables encourus pour la défense des réclamations de tiers (y compris les honoraires d'avocat raisonnables et autres dépenses) relatives aux préjudices, dommages et pertes tels que définis à l'article I.12.2.»


Combien ça coûte?


Ces contrats ne peuvent être rompus, même en cas de découverte d'un traitement efficace. Ce qui pourrait expliquer pourquoi les différents pays ne se précipitent pas pour valider l'ivermectine, par exemple. Comme cela pourrait justifier la difficulté des gouvernements à faire marche-arrière, vu l'argent déboursé aux groupes pharmaceutiques.

A lire aussi: L'invraisemblable désaveu des traitements précoces

L'Union européenne a payé entre 13,50 euros (pour 1-100 millions de doses) et 17,50 euros (pour 100 à 200 millions de doses) du vaccin Pfizer. Moderna lui a facturé 19,05 euros la dose. La facture de l'UE avec Astrazeneca est de 870 millions d'euros, dont 336 millions payés par la Commission et 534 millions payés par les Etats membres, peut-on lire dans les différents contrats.

Place au débunkage

Alors que la plupart des décisions prises pour contrecarrer cette pandémie l’ont été au nom du principe de précaution, celui-ci ne semble pas s’appliquer à la vaccination. Pour nos autorités, il semble logique de vacciner des jeunes en bonne santé avec un produit dont on ne connaît pas la dangerosité (de l’aveu même de ses fabricants), afin d'éventuellement sauver des personnes âgées ayant dépassé leur espérance de vie.

Puisque les médias sont désormais partie prenante de la campagne de vaccination en Suisse, les experts officiels y sont régulièrement invités à apaiser les inquiétudes des sceptiques. Leurs arguments, exposés à Aurélie Toninato pour La Tribune de Genève, ont été soumis à un médecin chercheur suisse ayant publié dans les revues scientifiques les plus prestigieuses, en collaboration avec l'anthropologue genevois Jean-Dominique Michel, afin de débunker le débunkage.

(Le spécialiste en question ayant maille à partir avec son médecin cantonal, il n’a pas souhaité que son nom soit publié par crainte qu’on lui retire son droit d’exercer.)

1. «Développer un vaccin dans un laps de temps si court: les tests ont forcément été bâclés.»


Alix Miauton, cheffe de clinique en médecine tropicale, voyages et vaccinations à Unisanté (le Centre universitaire de médecine générale et santé publique à Lausanne), explique que le processus de développement d’un vaccin est «extrêmement bien défini et réglementé. Il est vrai que le développement d’un vaccin prend habituellement plus de temps mais les ressources financières et humaines allouées ont été énormes et inédites.» A ce processus scientifique s’ajoute le contrôle indépendant de chaque pays: en Suisse c’est Swissmedic qui décide ou non d’autoriser in fine un vaccin. L’organe a notamment refusé, pour l’instant, de valider le sérum d’Astra Zeneca, par principe de précaution.


Réponse: Oui, le vaccin a été développé et mis sur le marché bien plus rapidement que d’habitude et les études de très courtes durées ne peuvent répondre ni à l’efficacité à quelques mois ni aux risques d’effets secondaire à quelques mois. Pour preuve l’autorisation dite «conditionnelle» reçue.


Explication: Les énormes «ressources financières et humaines allouées» ne peuvent remplacer le temps nécessaire à observer les effets secondaires, ni l’efficacité d’un vaccin. Preuve en est qu’après à peine six mois on constate par exemple une baisse drastique de l’efficacité du vaccin Pfizer dans tous les pays à haut taux de vaccination (Israël, Malte, Islande, Angleterre, etc…)

A noter aussi que les personnes très âgées, les femmes enceintes, les enfants, les personnes avec de lourdes maladies, forment des groupes qui ont TOUS été exclus des études. Les résultats publiés, pour autant qu’on puisse leur accorder une certaine confiance, ne s’appliquent qu’aux groupes spécifiques étudiés.

Cette longue liste d’exclus peut être consultée ICI. Selon donc les termes mêmes du Pfizer Risk Management Plan, en ce qui concerne la sécurité à long terme: «il n’y a pas de risques connus avec une apparition potentiellement tardive. … des études de surveillance active sont prévues pour suivre la sécurité à long terme chez les personnes ayant reçu le vaccin pendant deux ans après la deuxième dose

2. «Nous n’avons qu’un an de recul. Comment peut-on affirmer que le vaccin n’a pas d’effets délétères sur le long terme?»


«La vraie question est plutôt: dans le domaine de la vaccination, de combien de recul a-t-on besoin pour établir qu’un vaccin est sûr? répond Alessandro Diana, infectiologue à la clinique des Grangettes et expert pour la plateforme Infovac. On n’a en effet pas des années de recul mais on a un an et des centaines de millions de personnes vaccinées. On a pu montrer que les effets secondaires sont bénins dans la très grande majorité des cas.» Ces effets les plus répandus - fièvre, fatigue, entre autres -, on les retrouve avec d’autres vaccins, note Giuseppe Pantaleo, directeur du service d’immunologie et d’allergie du CHUV. «C’est une réaction associée à la stimulation du système immunitaire. Avec le vaccin contre le Covid, la réaction est plus forte car la puissance de la stimulation l’est aussi.» Quid du risque de développer des affections sur le long terme? Pour Alessandro Diana, le risque le plus probable serait de développer une maladie auto-immune, résultat d'un dysfonctionnement du système immunitaire. «Les anticorps induits pourraient interagir avec les autres composantes de notre corps. On a ainsi déjà constaté cela dans le développement de vaccins contre la méningite. Mais ces réactions interviennent dans les quatre à six semaines, au moment où le système immunitaire est le plus activé. La plausibilité biologique de développer une maladie auto-immune sur le long terme est extrêmement faible.»


Réponse: Des milliers de publications démontrent qu’il faut être très humble en biologie et en médecine. Le risque d’effets secondaires à long terme est bien décrit dans la littérature. Personne ne peut prendre la responsabilité d’en garantir l’absence, à moins de faire preuve de négligence coupable.


Explication: Swissmedic a approuvé certains vaccins mais mentionne par exemple dans l’approbation Moderna des réserves sans que cela soit dit au public, pour les risqu