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Twitter: quand l’agressé devient l’agresseur, le match est nul

Dernière mise à jour : 12 déc. 2022

L’agitation qui remue actuellement le réseau social Twitter, transformé en cours de récré pour adultes névrosés ou chômeurs par le tout puissant Elon Musk, ne semble pas près de se calmer. Si L’Impertinent n’a pas l’intention de crier avec la meute – quelle qu'elle soit – il convient néanmoins de remettre quelques pendules à l’heure.

© iStock

Le vent a tourné sur les réseaux sociaux. Les facts-checkeurs autoproclamés sont en disgrâce depuis que la team des non moins autoproclamés «journalistes citoyens» les ont pris la main dans le sac. Du moins c’est ce qui se dit. On aurait trouvé le moyen de débusquer l’arnaque: la plupart des médias mainstream travailleraient de concert avec Wikipédia afin de faire ce qu’on appelle du caracter assassinassion. Dégommer une personnalité et la persécuter jusqu’à ce qu’elle rende l’âme ou le compte. Faire en sorte que des milliers de personnes envoient, comme un seul homme, menaces, insultes, attaques et calomnies à l’encontre de leur victime. Et peu importe que celle-ci soit déjà à terre.


Pire, les «informations» véhiculées par ces fact-checkeurs seraient brandies comme des faits par la plupart des médias de grand chemin. Il s'agirait d'une officine savamment organisée dans le but de faire pression sur l'opinion publique. Comme s'il était surprenant que des individus partageant les mêmes croyances se regroupent et se soutiennent. Dans ce match de ping-pong affligeant et surtout dénué du moindre élément tangible, d'un côté comme de l'autre, journalistes citoyens ou pas offrent un bien triste spectacle.


Sur le nouveau Twitter d’Elon Musk – dont les velléités de greffer des puces dans le cerveau ne semblent pas émouvoir les contempteurs du transhumanisme – les agressés sont devenus les agresseurs. Ceux qui, hier, incarnaient la raison face à la répression totalitaire dont nous étions victimes ont fini par brouiller les pistes. Par tomber dans l'extrême inverse.


Parce que oui, dans le monde merveilleux des réseaux sociaux, c’est noir ou blanc.


Faut-il vraiment se réjouir de cette guerre de l’information qui n’a d’informative que le nom?


Faut-il se réjouir que le moindre échange ne soit plus rythmé que par l’invective entre la «complosphère» et ceux qui la dénoncent?


Faut-il se réjouir que des journalistes doivent désormais verrouiller leur compte pour éviter les torrents d’attaques consécutifs à un article sur une personnalité qui les surpasse en terme de followers?


La position de L’Impertinent


Evidemment, les premières victoires contre l’écœurante arrogance dont font preuve ces ayatollahs de la vérité se targuant de vérifier les faits avaient un goût de revanche bien méritée.


L’Impertinent ne pourra jamais cautionner les fous qui nient les évidences telles que les graves effets secondaires des vaccins Covid, le recul des libertés individuelles et collectives dans nos contrées et l’invraisemblable bêtise dont continuent à faire preuve nos dirigeants, sur tous les plans.


Mais ceux qui se placent désormais en justiciers du bien et du vrai, qui pratiquent la politique du «avec ou contre moi», qui s’offusquent que l’on ne suive pas leur religion à la lettre, qui s’estiment en droit de crier à la naïveté parce qu’on ne voit pas la main de Klaus Schwab ou de Jacques Attali derrière toutes les magouilles de ce monde, ceux qui se terrent dans un silence arrogant lorsque l’on ne va pas dans leur sens, refusant le dialogue lorsqu'il est privé de son impact populaire... Ceux-ci semblent tout aussi fous que les premiers.


Ceux qui prétendent comprendre et déchiffrer l'humain mais qui n’ont cure de la complexité de cet être – ô combien faillible – et qui préfèrent voir de la malveillance derrière chaque erreur, tant il est plus excitant de vivre dans un monde manichéen dans lequel on serait un héros incompris et persécuté par l'axe du mal.


Les deux camps qui se livrent une bataille sans merci sur les internets se rendent-ils seulement compte qu'ils prennent les lecteurs en otage?


Le public, nécessiteux de comprendre pourquoi il ne peut plus avoir confiance dans les autorités censées le protéger, sait-il à quel saint se vouer face à ces vengeurs démasqués qui utilisent aujourd’hui les mêmes pratiques dont ils se disaient victimes hier, sans avoir l’honnêteté intellectuelle de le reconnaître?


L’Impertinent ne prendra jamais part à l’exécution publique arbitraire qui a lieu actuellement sur les réseaux sociaux. Celle-ci était révoltante lorsqu’elle visait les opposants aux mesures Covid, elle l’est tout autant maintenant que les rôles sont inversés. Car notre mission est d’incarner un journalisme indépendant des pressions – il y en a des deux côtés – et non de sombrer dans un militantisme primaire irrespectueux de ses abonnés.


La polarisation des idées et la tendance tout aussi politique que médiatique à diviser pour mieux régner auront fini par prendre forme et incarner deux pôles on ne peut mieux départagés. Qui doit-on remercier pour cet anéantissement du débat constructif?


Dans cette bataille inqualifiable qui réconforte certains égos écornés tout en creusant des tombes (encore) virtuelles, la victime collatérale la plus regrettable est bien la vérité.

 

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