«On attend que les mesures sanitaires nous protègent, mais notre santé dépend de nous»

Dernière mise à jour : 1 avr.

Guénaël Boucher est physicien quantique de formation. Etudiant à l’INP dans la section génie physique, il a fait sa thèse au Centre d’études nucléaire de Grenoble, avant de travailler à l’Institut Laue-Langevin, spécialisé dans la recherche sur les sciences et techniques neutroniques. Mais ce scientifique est également enseignant de méditation transcendantale depuis 40 ans, ce qui l’a conduit à défendre sa technique dans des congrès annuels de l’OMS, mais aussi en Afrique et en Russie. Installé à Epalinges, dans la banlieue lausannoise depuis cinq ans, où il donne des conférences et des cours sur la méditation transcendantale, Guénaël Boucher a accepté de nous livrer son regard sur la situation actuelle.

Guénaël Boucher est un scientifique français établi près de Lausanne. © DR

Amèle Debey pour L’Impertinent: Comment avez-vous commencé la méditation transcendantale (MT)?


Guénaël Boucher: Je faisais beaucoup la fête pendant mes études. Et puis j’ai deux amis qui m’ont invité à assister à une conférence sur la MT. J’ai dit «non, non ça ne m’intéresse pas ces conneries-là». Mais le jour de la conférence, que j’avais totalement oubliée, mes deux amis se sont d’abord assurés que j’étais libre avant de me la proposer. Et c’est comme ça que je me suis retrouvé dans une conférence sur la méditation transcendantale où je n’avais pas envie d’être. Le conférencier était un ingénieur des Mines. En France, c’est une école très, très renommée, juste après Polytechnique. Et la façon dont ce type a présenté ça de manière scientifique m’a vraiment plu. J’ai donc appris le week-end suivant, contrairement à mes deux amis qui n’ont fini par s’y mettre que lorsqu’ils ont vu les effets sur moi.


Qu'est-ce qui vous a convaincu dans ce qu’il vous a dit? Le côté scientifique de l'explication générale et en particulier le nombre impressionnant de recherches scientifiques publiées dans les meilleures revues spécialisées du monde, qui valident. Cela m'a convaincu que ce n'était pas le genre de «bêtises» auxquelles je m'attendais, genre philosophie hippie ou passer deux heures sur la tête, les pieds en l'air.


J’ai fait trois ans d’étude, j’ai eu mon diplôme, j’ai travaillé et ensuite j’ai fait mon cours pour devenir professeur de MT et ça fait aujourd’hui 40 ans que j’enseigne la méditation transcendantale. C’est une technique très simple qui m’apporte énormément de joie. Je l’ai apprise à des chefs d’Etat, à des tueurs professionnels dans des prisons au Sénégal. Comme il y avait énormément de problèmes dans les pénitenciers, beaucoup de blessés et de meurtres, on nous a permis d’aller l’enseigner là-bas. Les résultats ont été extraordinaires. On a appris la méditation à plus de 12'000 prisonniers!


Sur le plan scientifique, qu'est-ce qui vous attire dans cette technique?


D’une part, parce que dans mes études, dans la physique quantique en particulier, il y a un postulat qui dit que, quand on mesure un objet que l’on souhaite étudier, ça provoque ce qu’on appelle l’effondrement ou la réduction de la fonction d’ondes. C’est-à-dire, quand on fait une mesure, c’est en fait une mesure de l’interaction entre la fonction d’ondes de l’appareil de mesure et de celle de l’objet mesuré. Donc on ne pourra jamais avoir une connaissance exacte d’un objet, sans connaissance exacte du phénomène d’observation. Il n’y a pas de monde purement objectif. On peut aussi dire que la conscience de l’observateur influence l’objet observé. C’est ce qui m’a plu, en plus des 600 recherches scientifiques qui ont vérifié les effets très positifs de la MT sur la santé, l’esprit et le comportement.


Est-ce que cela rejoint ce que disait Socrate: «Connais-toi toi-même»?


Oui, mais d’une manière un peu différente parce que ce que disait Socrate concernait la conscience au plus profond de Soi. Et tous les physiciens ne sont pas d’accord sur le fait que la base de tout l’univers physique est au-delà de la mesure physique, au-delà de ce que l’on appelle l’échelle de Planck, où l’espace-temps classique disparaît. Les théories quantiques de supersymétrie, comme la théorie des supercordes, commencent à approcher cette théorie unifiée que souhaitait de tout cœur Einstein, mais à laquelle il n’a pas réussi à aboutir de son vivant.


Beaucoup de gens travaillent à cette théorie du tout, comme on l’appelle. Il y a quand même pas mal de découvertes qui vont dans cette direction de l’unification de toutes les forces de la nature dans un champ unifié. Ce champ unifié est supersymétrique, c’est-à-dire qu’il contient en lui-même tous les opposés. Et ça c’est impossible à voir, c’est quelque chose de non-manifesté. Dans un monde réel qu’on veut mesurer, soit c’est plus, soit c’est moins, on ne peut pas avoir plus et moins en même temps et au même endroit.


Du coup, personne ne peut voir les choses de la même manière?


Exactement. Il y a une analogie très simple pour les gens qui ne sont pas physiciens, c’est l’exemple des lunettes: si vous avez des lunettes jaunes, vous allez voir le monde en jaune; si vous avez des lunettes bleues, vous allez voir le monde en bleu. Chacun va percevoir le monde avec ses «lunettes». Et ces lunettes, pour moi, dans la symbolique de la méditation, c’est le niveau de conscience de la personne.


La réalité qui est perçue à un niveau de conscience est complètement différente de la réalité perçue à un autre niveau de conscience. La plupart des gens n'en connaissent que trois: le sommeil profond, le rêve et la veille, où les gens sont actifs. Ce sont les niveaux de conscience connus et vécus par tout le monde. Après, il y a d’autres niveaux de conscience, comme la conscience transcendantale et quand on l'intègre au train de vie, il y en a encore d’autres. A chaque niveau de conscience, il y a un niveau de réalité.


Le monde extérieur n’a pas de réalité en soi: cette réalité est perçue par quelqu’un. Si ça n’est pas le cas, on peut philosopher pour se demander si cette réalité existe ou pas.


Mais il y a quand même des choses qui sont les mêmes pour tout le monde?


C’est vrai qu’il y a une base de l’univers qui est commune. Si on est dans la même pièce et qu’on regarde tous les deux une table, on va percevoir l’objet. Moi, si j’ai des lunettes bleues je vais la voir en bleu, et vous, si vous avez des lunettes jaunes, vous allez la percevoir en jaune, mais il y a quand même un objet et des caractéristiques assez similaires. Il y a une base, un substrat qui est commun.


Ce phénomène de lunettes est particulièrement flagrant en ce moment, avec le Covid: chacun a sa petite vérité à ce propos et n’en démord pas. Chacun refuse d’enfiler d’autres paires de lunettes.


Tout à fait et le problème de la société est là. L’un a ses lunettes jaunes de complotiste et un autre a ses lunettes bleues du lobby pharmaceutique; ils ont chacun des intérêts et des visions différents et ils se tapent dessus: j’ai raison, tu as tort. En fait, chacun a raison de son point de vue.


J’ai appris la méditation à un tueur professionnel. Il m’a raconté son histoire. Quand on passe par des expériences comme les siennes, à l’âge de quatre ans, on ne peut pas s'attendre à ce qu'il grandisse dans l’amour et la joie alors qu’il n’a vécu que violence et haine. Pour lui, tuer était normal, c’était sa réalité. Grâce à la méditation, près d’un an après il m’a dit qu’il était entré dans une forme de liberté incroyable. Avec la méditation, on enlève les stress et on élève le niveau de conscience de la personne pour lui permettre de voir les choses différemment.


Si on part de ces postulats, peut-on dire que la quête de la vérité est vaine?


Non, je ne dirais pas ça, au contraire: la quête de la vérité, c’est ce qui nous pousse à aller plus loin, à chercher ce qui à la fois englobe et transcende le plus de vérités différentes. C’est quelque chose de naturel.


Mais puisqu’il n’y a pas de vérité?


Oui, mais c’est une vérité en soi. Et ce n’est pas tout de la comprendre intellectuellement, il faut aussi la vivre. Plein de gens, de grands philosophes, ont de très belles théories, mais ils ne les vivent pas.


Avec le Covid, bien sûr il y a une base, quelque chose qui se passe… Mais la peur est un des plus grands immunodépresseurs, me disait un médecin. Donc quand on génère la peur – en particulier dans les médias, qui ont une grande responsabilité là-dedans – on va diminuer la réponse immunitaire des gens. En générant de la peur, on rend les gens beaucoup plus fragiles face au virus, quel qu’il soit. C’est pareil avec la grippe, avec n’importe quelle maladie.


Chaque hiver il y a des épidémies, on n’a pas eu besoin d’attendre le Covid, et chaque hiver il y a des gens qui tombent malades et d’autres pas. Pourquoi? Et bien il y a des gens qui ont un système immunitaire fort. Et c’est pour moi l’erreur fondamentale de la société actuelle: on met toujours le tort sur l’extérieur, sur les autres. Et dans cet exemple du Covid, on met le tort sur le virus. Avec ces mesures, on attend des autres qu'ils nous protègent alors que notre santé dépend de nous.


Mon message c’est: arrêtez de mettre le tort sur les autres, prenez soin de vous-même. Améliorez votre système immunitaire et tous ces virus ne vous feront plus peur.


Pour revenir à la différence de conscience: est-ce que cela veut dire que les gens sont condamnés à ne pas se comprendre?


Non, justement, c’est ça l’espoir: on a quelque chose pour élever le niveau de conscience. Et plus le niveau de conscience s’élève, plus la vison s’élargit, plus on prend conscience que chacun a sa vision et c’est bien la plus belle des visions: comprendre que chacun a ses raisons, chacun a son point de vue et chacun a raison de son point de vue.


Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas mettre les criminels en prison, je ne suis pas en train de dire qu’il faut laisser chacun faire n’importe quoi. La société a besoin de règles qui doivent être respectées. Mais il faudrait au moins donner aux individus le moyen d’élever leur niveau de conscience.


Mais là vous prêchez un peu pour votre paroisse! Pour vous, la méditation est la solution à tout?


Presque, oui.


Je suis allé dans des prisons. Je ne suis pas allé prendre des béni-oui-oui, des gens tout gentils et tout mignons. Je suis allé chercher des tueurs professionnels et j’ai montré qu’on pouvait les changer. L'outil qu'est la MT est incroyablement efficace et peut s’appliquer à tous quelles que soient leurs croyances religieuses, philosophiques, sociales ou politiques.


Mais il s’agit de votre vérité, de votre paire de lunettes.


Je suis conscient de ça aussi. Mais c’est une belle vérité qui accepte la vérité des autres. Et puis il n’y a pas que la méditation transcendantale pour élever le niveau de conscience. J’en parle parce que c’est celle que je connais et dont je peux témoigner de l’efficacité.


En ce moment, les gens en auraient bien besoin. Mais y a-t-il eu des défections dans vos conférences depuis leur reprise?


Oui, d’environ 70%. Les gens ont peur. Pourtant, je respecte les mesures de distanciation et j’ai mis du gel hydroalcoolique à disposition. Il leur serait salutaire de venir afin de retirer tous ces stress. Certains viennent même avec des masques, alors qu’il y a deux mètres entre eux et qu’ils ne parlent pas, puisque c’est moi qui donne la conférence.


Lors des congrès annuels de l’OMS, où vous présentez la méditation transcendantale, comment est-ce qu’elle est perçue par tous ces politiciens?


Notre Université védique, qui s’occupe aussi de l’Ayurveda et de Yoga, dont la MT est issue, envoie régulièrement une équipe de médecins ayurvédiques pour faire des présentations aux ministres de la Santé qui s’y réunissent. Je m’y rends en tant qu’organisateur.


Ce n’est pas très bien perçu par les politiciens occidentaux. La plupart des gens qui nous recevaient et nous écoutaient étaient ceux des pays en voie de développement, qui n’ont pas l’argent pour se payer des médicaments très chers, et qui sont donc en train d’essayer d’avoir des approches plus naturelles.


L’Ayurveda n’est pas une médecine indienne, comme certains le pensent. L’Ayurveda stipule que ce sont les plantes qui grandissent dans un pays qui sont les meilleures pour les gens qui vivent dans ce pays. Donc on peut adapter l’Ayurveda à chaque pays.


L’OMS est très critiquée en ce moment. Comment se positionne-t-elle face à votre approche?


L’OMS reconnaît l’Ayurveda comme un système de médecine naturelle valide, mais ça ne veut pas dire qu’ils vont en faire la publicité. C’est toujours pareil, il y a des aspects de l’Ayurveda qui peuvent choquer et des gens qui en font une publicité étrange. En ce moment, il y a un acteur indien qui dit ingérer de l’urine de vache en tant que remède ayurvédique. Ce n’est pas le genre d’info qui donne envie. Et puis, surtout, ça n’a rien à voir: je suis l’Ayurveda depuis 35 ans et je n’ai jamais bu d’urine de vache.


Ce sont des comportements extrêmes qui sont cités pour dénigrer la technique – en tant que journaliste, vous savez comment ça marche: on focalise l’attention des gens sur un aspect d’une chose afin de dénigrer totalement l’aspect valide de cette chose. Mais en Europe, surtout en Allemagne, l’Ayurveda a bonne réputation et il y a plusieurs cliniques renommées.


Pensez-vous que votre formation de scientifique vous rend plus crédible pour parler de méditation transcendantale à l’OMS?


Tout à fait. Car j’ai gardé un esprit scientifique. Chacun conserve son individualité. Certains physiciens ne sont pas d’accord avec moi, ils ont leur vision. L'un d'entre eux m’a écrit un jour pour me dire que la seule validité était dans la matière, que l’esprit c’était n’importe quoi et que seule comptait la matière.

Il peut penser ce qu’il veut, mais il y a quand même un effet connu et accepté dans le monde médical: le placebo. Qu’est-ce que le placebo? C’est la personne qui est persuadée de quelque chose et sa persuasion fait en sorte qu’elle guérit. C’est quoi ça si ce n’est l’esprit qui influence la matière?


Certains disent qu’il n’y a pas d’esprit, que tout ça c’est n’importe quoi. Ils ont le droit. Après tout il y en a bien qui pensent encore que la Terre est plate…


Pour revenir à la déresponsabilisation de l’être humain, vous expliquiez récemment, au sujet du véganisme, que certains se l’imposent alors qu’il ne leur convient pas.


Pour moi, il n’y a qu’un mot pour expliquer cela: le fanatisme.


Les fanatiques, ce sont des gens qui ont complètement fermé leur esprit et leur conscience à toute autre chose que ce à quoi ils croient. On a beau venir leur apporter des arguments, ils les refusent complètement. Et ils refusent même leur propre ressenti! Que ce soit végane, ou végétarien, ou crudivore, ou fructivore… tout le monde est différent et a besoin de choses différentes. Mais les gens sont tellement fanatiques qu’ils vont agir d’une certaine manière et ne pas remettre en question leur comportement, même dans le cas où leur corps réagirait mal.


Il faut ouvrir la conscience et comprendre que chacun a besoin de choses différentes. Dans la religion, c’est la même chose.


Les gens ne sont-ils pas plus facilement attirés par ce qui pourrait leur nuire que par ce qui leur fait du bien?

Ce sont les stress qu'on accumule chaque jour dans notre physiologie qui obscurcissent notre vision et nous font faire des choses qui nous nuisent. Ces choses augmentent encore le stress et on entre dans un cercle vicieux. Pour en sortir, au lieu d'essayer d'agir sur les effets, ce qui est très difficile, agissons sur la cause et éliminons le stress. Il y a des tas de méthodes pour cela et, à mon avis, le moyen le plus simple et le plus naturel est d'offrir au corps un repos beaucoup plus profond que le sommeil. C'est exactement ce que fait la MT, d'où ma passion pour cette technique.

 

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