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La Turquie, l'ennemi que Bruxelles s'invente pour plaire à Tel-Aviv

Jean-Daniel Ruch, ex-ambassadeur · 3 mai 2026 · 5 min de lecture

von der leyen
© DR
«Nous devons réaliser le projet européen pour que le continent ne tombe pas sous l’influence russe, chinoise ou turque»

C’est ce qu’a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à Hambourg, le 20 avril. Mais quelle mouche l’a donc piquée? Il y a longtemps que l’Union européenne, fidèle alliée des États-Unis, décrit la Russie et la Chine comme des dictatures dangereuses. La menace d’une invasion russe d’un pays membre de l’UE est agitée fréquemment par des responsables politiques et militaires français, allemands ou estoniens.


Les mêmes brandissent un assaut de la Chine continentale sur Taïwan comme un risque sécuritaire sur l’Europe aussi. Ni les difficultés de l’armée russe en Ukraine, ni les assurances de Pékin qu’ils n’ont aucune intention de réintégrer Taïwan par la force, n’affectent le désir d’ennemi qui semble animer les élites occidentales.


Nos militaires n’échappent pas à la psychose ambiante: le rapport sur la politique de sécurité 2026 mis en consultation en décembre désignait aussi la Chine et la Russie comme ennemis – avec l’Iran et la Corée du Nord. Heureusement, le biais atlantiste de nos penseurs officiels impressionne peu la société civile suisse. Début avril, on apprenait que, à la suite de la consultation, le DDPS allait devoir revoir sa copie de fond en comble.

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