Samedi, un millier de personnes ont arpenté les rues de Lausanne sous la pluie, après la mort de Marvin, 17 ans, décédé à Prélaz lors d’une course-poursuite avec la police. Deux mois après la disparition de Camila, le quartier endeuillé oscille entre dignité et colère: les habitants contestent le récit d’«émeutes», pointent la fracture sociale et suspendent leurs fêtes. Au-delà du deuil, une question s’impose: qui écoute encore les jeunes de Prélaz?
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«Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville.» C'est sous la pluie et dans le chagrin qu'un millier de personnes ont défilé silencieusement samedi, dans les rues de Lausanne après le décès tragique de Marvin, un jeune de 17 ans. Partie du quartier de la Borde, la marche blanche a pris fin à Prélaz, devant le mur où Marvin est décédé après une chute en scooter, lors d'une course-poursuite avec la police lausannoise. Selon toute vraisemblance, l'adolescent aurait perdu le contrôle de son engin après un dos-d'âne, situé à une trentaine de mètres du lieu de l'impact.
«Marvin est décédé quelques heures avant de discuter du projet de film sur les violences policières»
Il y a moins de deux mois, Camila, une ado lausannoise de 14 ans, avait perdu la vie dans quasiment les mêmes circonstances que Marvin, lors d'une course-poursuite avec la police. Selon les informations de L'Impertinent, entre les deux ados décédés, c'est comme si un lien aussi invraisemblable que tragique avait pris forme. «Nous avions un projet de film sur la violence de manière générale. Mais après le décès de Camila, un jeune de Prélaz a proposé d'axer le projet sur les violences policières. J'ai trouvé pertinente l'idée de chercher à décortiquer les mécanismes de cette violence des forces de l'ordre, en donnant la parole aux jeunes. Marvin devait participer au film. D'ailleurs, une première séance pour discuter du projet devait avoir lieu il y a une semaine. Malheureusement, Marvin est décédé quelques heures avant», explique le réalisateur Josua Hotz.