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Article rédigé par :

Amèle Debey

Trump 2025: il serait bon de se calmer!

S’il faut courir aux abris à chaque coup de poker de Donald Trump, ces quatre prochaines années vont être longues. Les médias seraient bien inspirés de faire montre d’un peu de retenue… et de recul!

trump
© Canva/DR

Je ne tenterai pas de vous faire croire que j’ai une quelconque connaissance en finance en m’étalant en considérations sur les pérégrinations boursières de ces derniers jours. Plutôt, je resterai sur mon terrain de compétence: l’information.

 

Comme pendant la crise Covid, ceux qui ont la chance de pouvoir fuir les remous de l’actualité ne se sont rendu compte de rien. Mais cette semaine, on nous a annoncé (en gros) l’effondrement de la société et la fin du monde. Du moins, si on en croit les observateurs et autres experts de plateau – dont les babines dégoulinent de plaisir à chaque évocation d’une nouvelle «crise» qui justifie leur salaire.

 

Pas besoin de sortir de l’ENA pour voir que Donald Trump, tel un enfant armé d’une loupe dans une fourmilière, s’amuse à semer le chaos pour se galvaniser de son propre pouvoir. L'homme de télé sait feuilletonner. Lorsque vos décisions déclenchent pareils séismes planétaires, pourquoi s’empêcher de mettre un peu d’action sur l’échiquier mondial en alternant les cliffhangers? En particulier lorsque ce chaos est favorable à la stratégie de déstabilisation servant vos intérêts, autant que ceux de vos amis. Pour exemple, la Commission européenne vient de décider de reporter des sanctions contre Apple et Meta (Facebook, Instagram et WhatsApp) dans le cadre de son règlement sur les marchés numériques, en raison du «climat géopolitique» actuel. Pratique.


On prend les mêmes et on recommence

 

Encore une fois, les médias dominants et surtout les chaînes d’info sont incapables de jouer leur rôle convenablement: ils n’expliquent pas le réel. Ils attisent le fantasme qu’ils construisent et auquel ils donnent vie. Ils sèment la panique. Passant de la consternation au soulagement à chaque tweet du président américain, dans un spectacle affligeant qui n’a rien à voir – ni de près, ni de loin – avec du journalisme. Donald Trump aurait tort de se priver de faire marcher ceux qui courent.

 

Dans ce contexte, il est capital de lire et relire l’analyse de notre correspondante à New York, Rachel Brunet, publiée la semaine dernière: L’America First de Donald Trump: quand les médias ne sont que polarisation. Elle y décrypte les différences culturelles entre la portée des décisions de Trump d'un côté et de l'autre de l'Atlantique.


Capital aussi de relire notre interview de l'expert numérique Eric Filiol sur l'hégémonie américaine de la tech, qui explique l'assujettissement de l'Europe aux humeurs de Trump, car «⁠Nos jeunes scientifiques sont dans un environnement qui les espionne pour le compte des USA».

 

Contrairement à l’économiste Jeffrey Sachs, dont L’Impertinent a publié les sombres avertissements la semaine dernière, je n’ai pas d’opinion sur le fond de cette affaire en ce qui me concerne. Ce n’est pas mon rôle et je suis trop intrinsèquement liée au doute permanent pour m’habiller de convictions sur l’avenir de notre société comme de ceux qui l’animent.


À y réfléchir, peut-être mes collègues seraient-ils bien inspirés d’en faire autant…

2 commentaires


suzette.s
13 avr. 2025

Réflexion désabusée, mais qui fait utilement réfléchir. Merci!

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Décadence
13 avr. 2025

Trump ne fait que ce qu'il a annoncé jusqu'à présent => America first ! Cela secoue un peu les marchés parce que l'humain panique et certains économistes se rendent bien compte que l'UE par exemple sera bien incapable de rivaliser. Incapable de gérer/anticiper la production électrique depuis plus de 30 ans merci la France d'avoir construit les infrastructures énergétiques nécessaires pour alimenter l'Europe tout en détruisant sa principale entreprise énergétique avec des lois qui leur font vendre l'énergie à perte à des concurrents ! Incapable de gérer une "crise" sanitaire sans violer toutes les lois fondamentales pourtant. Incapable de régler un conflit interne qui durait depuis de nombreuses années sans déclencher un conflit plus important dont ils étaient perdant avant même…

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