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Le fact-checking ou la fabrique institutionnelle du «vrai»

Florence Gaillard · 25 janvier 2026 · 9 min de lecture

Il y a un an, le 7 janvier 2025, Meta annonçait mettre fin à son programme de fact-checking par des tiers en commençant par les États-Unis. Outre-Atlantique comme dans les pays de l’UE, cette décision a suscité des critiques de la part des organisations de «vérificateurs de faits», qui y ont vu un signal préoccupant pour le débat démocratique. Au-delà de la controverse, cette décision met en lumière la façon dont le fact-checking s’est structuré, au sein de circuits institutionnels, autour de labels de «bonnes pratiques» et de financements publics et philanthropiques, devenant ainsi un dispositif de production de ce qui doit être tenu pour «vrai».

fact-checking
© DR

«Les fact-checkers ont été perçus comme biaisés politiquement et ont contribué à éroder la confiance plutôt qu’à l’améliorer». C’est par ces mots notamment que Mark Zuckerberg justifiait, le 7 janvier 2025, la décision de Meta de mettre fin à son programme de vérification des contenus. Mark Zuckerberg affirmait vouloir le remplacer, comme sur la plateforme X, par un système de «Community Notes» fondé sur les annotations des utilisateurs eux-mêmes et jugé par Meta plus favorable à la liberté d’expression.



L’annonce de Meta a immédiatement suscité des réactions parmi les organisations de fact-checking qui ont dénoncé un recul dans la lutte contre la désinformation, un risque pour le débat démocratique et un signal alarmant pour les citoyens. Dans une tribune publiée dans Le Monde, Fabrice Fries, PDG de l’AFP (Agence France Presse), compare cet arrêt des programmes de fact-checking au «démantèlement d’une caserne de pompiers de Los Angeles par temps de grand feu […]». En 2024, l’activité de fact-checking a représenté plus de 11 millions d’euros de revenus pour l’Agence France-Presse, dont un peu plus de 8 millions issus de Meta, selon La Lettre. Un chiffre à mettre en perspective des 100 millions de dollars que le groupe dit avoir consacrés aux programmes de vérifications des contenus depuis près de 10 ans.

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Le fact-checking ou la fabrique institutionnelle du «vrai»

Il y a un an, le 7 janvier 2025, Meta annonçait mettre fin à son programme de fact-checking par des tiers en commençant par les États-Unis. Outre-Atlantique comme dans les pays de l’UE, cette décision a suscité des critiques de la part des organisations de «vérificateurs de faits», qui y ont vu un signal préoccupant pour le débat démocratique. Au-delà de la controverse, cette décision met en lumière la façon dont le fact-checking s’est structuré, au sein de circuits institutionnels, autour de labels de «bonnes pratiques» et de financements publics et philanthropiques, devenant ainsi un dispositif de production de ce qui doit être tenu pour «vrai».

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