top of page

Article rédigé par :

Amèle Debey

Daniel Musy

sylvie.gelin

lballeys

Janine Spazzafumo

jonathantotman4

J-Philippe Leygues

caroline morel

Patrizia La mantia

yvesmagat

olivierstein49

Norbert Mimoun

borgo

Pepper Mint

meroge4012

Vincent Chatagny

paulineroy.home

Yuri Miyas

clarajabris

Frederic Marwood

Laurent Kalonji

Mohamed Hamdaoui

Katherine Funel Eudeline

jcagay

puysegur75

Adrien Marin

Stéphanie Notario-Prajoux

René Mabillard

lafeepicoleuse

eric.videlier

vanwout

tais.denereaz

jpilet

jon

Jean Besançon

charles bourquin

Karin Nolte Prado

Marjo Hugon

Jean-Dominique Michel

Carole Bezançon

michelsajn

isaquim

marina.golinveau

Florence Perret

jeanne.tanham

Benjamin Felts

dr.curlet

valeriebron61

mauricejacquet

Patrick Bodmer

davidfalkowicz

franck

roger.delaporte

comontagne

antoinevonnez

Rime Tatimonde

Max Karli

dlcpalomba

gbgarbo

Lara Brutinot

sarahdohr

Claudine Sautaux-Friedli

pierre.manini

gilles auric

Michel Favre

Marie Luff

Eric Corradin

Lia Rosso

michael.marfurt

Romain Bochatey

Isa Lavieestbelle

Jean-charles Sanchez

Christophe Gianotti

christineh48

Albert Roserens

Frédérique Ravier-Lachkar

Anthony Dos Santos

jeanlabbe1

loutron38

Olivier Ex

Mariefrancoise Vourloud

P Girard

lormisade

benoistj

philipseelen

Caris Mathieu

sferenn

Roland Jaccard

Didier Roussel

christianheer

Jean-Luc Lonfat

09batijo

Antoine Perraud

Sylvie Thonney

Yvon-Bernard Jouve

pwaridel

joelle.debey

Ducobu

jmamie

Vincent Raboud

Missiles, drones et baignade: la belle saison à Odessa

Julien Monchanin · 9 août 2026 · 25 min de lecture

Ville cosmopolite chargée d’histoire, station balnéaire prisée et point d’accès stratégique à la mer Noire, Odessa est quotidiennement ciblée par la Russie depuis quelques semaines. Ce qui n’empêche pas touristes et baigneurs d’y affluer depuis les quatre coins de l’Ukraine. Sur place, le contraste entre ambiance décontractée et menace permanente est saisissant.

odessa
© J.M

Odessa, Frantsuzky boulevard. Un vieil immeuble de 17 étages bâti à la fin des années 70. Aussi massif que vétuste, le bâtiment compte une centaine de logements. Ici, à quelques minutes à pied des plages, vivent essentiellement des familles modestes d’Odessites. Beaucoup sont toutefois parties, comme en témoignent les nombreuses lumières qui restent éteintes à la nuit tombée. C’est au 10ᵉ étage de cet immeuble que Marina, 35 ans, a grandi et vit toujours avec ses parents. L’appartement familial offre une vue imprenable sur la mer Noire. C’est là que nous passerons les dix prochains jours.


odessa
Odessa est surnommée Perle de la mer Noire

Modèle photo à ses heures, Marina a étudié le management. Admiratrice du chanteur Andriy Kuzmenko (qu’elle aurait bien aimé voir à la place de Zelensky, mais qui est malheureusement décédé en 2015), elle travaillait avant la guerre comme assistante dans une entreprise de semences, activité assez commune à Odessa, plaque tournante du commerce de céréales dont les terminaux portuaires accueillent toujours des navires du monde entier. L’emplacement est stratégique: avec ses voisins de Tchornomorsk et de Pivdennyi, c’est le seul port d’importance de la côte encore contrôlé par l’Ukraine.


En 2022, le conflit est venu tout chambouler dans la vie de la jeune femme. Marina s’est réfugiée chez des amis, en Suisse. Le 25 mars 2024, alors qu’elle séjourne brièvement à Odessa et se promène sur le boulevard, un missile russe frappe le jardin botanique, à quelques dizaines de mètres d’elle. Le choc la traumatise. Elle ne dort plus et le bruit de l’explosion de la «raketa» commence à la hanter. Le médecin lui prescrit un traitement que, faute de moyens et d’assurance, elle ne pourra suivre en Suisse. La voilà donc de retour à Odessa. «Je suis sous l’effet des cachets, c’est pour ça que j’ai beaucoup grossi et que je parle lentement, mais que je ne suis pas effrayée et que je peux dormir», se justifie-t-elle.



Alertes aériennes en continu


L’an dernier, son traitement s’est alourdi suite à une autre attaque visant une implantation industrielle viticole de son quartier. Le 5 juin 2025, Marina voit passer plusieurs drones devant sa fenêtre, puis entend le fracas assourdissant de la destruction du site, qui fait depuis l’objet de débats touchant à sa future destination. Un promoteur souhaitait construire sur place un immeuble résidentiel, mais la cour d’appel d’Odessa a récemment confirmé le statut de monument historique du complexe.


C’est le premier des troublants paradoxes d’Odessa: tandis que les frappes sur la ville et ses environs sont régulières, que les dégâts humains et matériels y sont en ce moment quotidiens, les constructions neuves de grande envergure s’y multiplient. Ainsi, alors que nous cheminons dans son quartier, Marina nous montre tour à tour les dommages causés par un drone au dernier étage d’un bâtiment de l’université qu’elle a fréquentée, puis les travaux de construction d’un impressionnant immeuble résidentiel de 24 étages.


Odessa
L’immeuble de 24 étages en construction dans le quartier de Marina. © J.M

Entre les deux, résonne la longue sirène d’une alerte aérienne puis, moins de deux minutes plus tard, se fait entendre une détonation sourde dont on perçoit bien la courte vibration, et cependant assez sonore pour nous faire sursauter. «Votre cadeau de bienvenue», plaisante Marina, demi-sourire aux lèvres.


On apprendra peu après qu’à quelques kilomètres de là, un missile balistique a touché le site d’une entreprise. Le lendemain, le bilan s’établira à onze blessés, dont un dans un état grave. De façon générale, les bilans finaux de ces attaques sont difficiles à obtenir: les frappes étant innombrables et incessantes, chaque incident est rapidement laissé de côté par les canaux d’information. De même, la localisation exacte des points d’impact n’est quasiment jamais fournie, bien entendu dans le but de ne pas en informer l’ennemi.



Sur leurs téléphones, les Ukrainiens ont tous installé l’application Air Alert!, qui les avertit quelques secondes avant que ne retentisse la sirène. Le système est globalement fiable et distingue des missiles et des drones dont il nous propose parfois de suivre les trajectoires en direct. Pendant notre séjour, nous entendrons pourtant bien deux ou trois fois les déflagrations causées par des missiles avant même le déclenchement des alertes. Autre limite du système: l’inévitable permanence d’alertes qui ne sont pas toujours suivies d’effet et, de ce fait, poussent inconsciemment une partie de la population au relâchement. Notons qu’à cette appli officielle s’ajoutent les groupes Telegram par lesquels les citoyens se renseignent sur la localisation approximative ou les résultats de chaque attaque. Enfin, trois courtes sirènes signalent aux habitants que l’alerte est terminée.


Décontraction… et panique


Pendant dix jours, du 7 au 17 juillet, des décès de civils surviendront presque quotidiennement dans le district à la suite d’attaques russes. En va-t-il toujours ainsi depuis le début de la guerre? «Non, ça s’est surtout intensifié depuis un an et demi. C’était assez calme en mai et juin, avec de plus longues périodes sans alerte. Et puis c’est de nouveau reparti depuis votre arrivée», commente Marina. Un regain d’activité qui fait sans doute suite à la succession d’attaques menées par des drones ukrainiens en mer d’Azov du 6 au 10: 48 navires y auraient été frappés en 120 heures. Mais les accalmies ne présentent aucune garantie, comme en témoigne l’attaque de drones lancée fin mai sur un centre commercial d’Odessa.



Changement de décor. Direction la plage. Entre d’un côté le port d’Odessa et le centre historique (au nord), et de l’autre le quartier branché d’Arcadia, avec ses grands buildings flambant neufs et ses hôtels de luxe (au sud), le littoral touristique s’étire sur sept kilomètres. Le long de celui-ci s’observent quelques disparités, de l’ambiance plutôt familiale et de la concentration de retraités du secteur de Langeron aux jeunes fêtards et aux classes aisées de celui des Dauphins et d’Arcadia, en passant par les deux autres plages plus populaires d’Otrada et des Chiens. Partout cependant, les sections publiques sont bondées et les clubs privés bien remplis, en particulier le week-end.


L’atmosphère ressemble de loin à celle d’une station balnéaire normale: décontraction et sourires sont partout de mise. Les alertes (en particulier aux drones) sont traitées avec une certaine désinvolture par l’essentiel des vacanciers: même si Odessites et touristes scrutent leurs téléphones lorsque se déclenche la sirène, ils ne se bousculent guère à l’entrée des abris anti-aériens disposés ici et là. Et à y regarder de plus près, d’autres détails font tiquer,

Il vous reste 83 % de l'article à découvrir.

La suite de cet article est réservée à ceux qui nous font vivre 🥹

 

Pas de publicité. Pas de subventions. Pas d'actionnaires. Nos seuls patrons sont nos lecteurs: c'est la condition pour enquêter librement.

Vous pouvez vous abonner ou acheter l'article à l'unité.

Chaque franc versé sert le journalisme indépendant.

Merci! 🙏

Lecture immédiate, accès 7 jours. Créez un compte pour le garder à vie.

Déjà membre ? Se connecter

✓ Article complet – merci pour votre achat
Titre 6
Recharger la page

Missiles, drones et baignade: la belle saison à Odessa

Ville cosmopolite chargée d’histoire, station balnéaire prisée et point d’accès stratégique à la mer Noire, Odessa est quotidiennement ciblée par la Russie depuis quelques semaines. Ce qui n’empêche pas touristes et baigneurs d’y affluer depuis les quatre coins de l’Ukraine. Sur place, le contraste entre ambiance décontractée et menace permanente est saisissant.

Vous souhaitez en lire plus ?

Abonnez-vous à limpertinentmedia.com pour continuer à lire ce post exclusif.

00:00 / 01:04
L'Impertinent - Logo

Pour ne manquer aucun article, inscrivez-vous aux alertes de publication, c'est gratuit:

🚨 Presque terminé. Nous venons de vous envoyer un e-mail: cliquez sur le lien qu'il contient pour valider votre inscription. Sans ce clic, vous ne recevrez rien. Pensez à regarder vos indésirables 😉

Faire un don

IBAN : CH52 0900 0000 1555 3871 0

Lausanne, VD

  • Instagram
  • Facebook
  • X
  • Youtube
  • TikTok

© 2020 L'Impertinent est un média indépendant qui remet l'information au service du public - Politique de confidentialité

L’Impertinent est un média indépendant parce que la presse libre ne peut survivre sans une presse libre et indépendante, affranchie des logiques économiques, politiques et industrielles qui fragilisent aujourd’hui l’indépendance des médias. À l’heure de la concentration des médias, du contrôle des médias et d’une censure parfois invisible mais bien réelle, nous revendiquons un journalisme indépendant fondé sur le journalisme d’investigation, la presse d’investigation et des enquêtes journalistiques exigeantes. Nous travaillons pour produire une information libre, utile, contextualisée, destinée à éclairer l’opinion publique et à renforcer la qualité du débat public. Nos éditoriaux, notre éditorial et notre ligne éditoriale assument un esprit critique sans concession, dans le respect du secret des sources, de la transparence et de la liberté de la presse. Porté par des journalistes d’investigation et des reporters, L’Impertinent s’inscrit dans la presse alternative et les médias alternatifs, convaincu que le quatrième pouvoir et le pouvoir de la presse sont essentiels à la compréhension de l’information politique, à la défense du pluralisme de l’information et à la préservation de la pluralité des médias, face aux limites croissantes des médias traditionnels et à la censure médiatique sur l'investigation et le reportage. Seuls les médias indépendants peuvent être garants d'une presse indépendante, de l'indépendance de la presse et de l'indépendance des médias. Il en va de la liberté des médias.

bottom of page