Le poulet aquatique
- Paul Watson

- il y a 2 jours
- 4 min de lecture

Par le capitaine Paul Watson
Quand on pense aux oiseaux marins, on pense aux albatros, aux manchots, aux mouettes et aux cormorans.
Ils se nourrissent tous de poissons, mais il existe un oiseau qui en mange plus qu’eux tous, plus que toutes les espèces d’oiseaux marins réunies. C’est l’oiseau que consomment chaque jour un très grand nombre d’êtres humains.
Laissez-moi vous présenter l’oiseau aquatique le plus répandu de la planète. Un «oiseau marin» qui ne va jamais en mer. Il ne sait ni nager ni plonger. Il ne sait même pas voler. Pourtant, aucune espèce d’oiseau aquatique au monde n’est plus nombreuse ni n’a un impact écologique plus important sur l’océan que le poulet.
Il existe quelque cinq cents races différentes de poulets, de l’Amarela portugaise au Wengwang chinois.

Tout comme chaque race de chien descend du loup, ces cinq cents races de poulets descendent toutes du coq sauvage rouge, originaire d’Asie du Sud-Est; à l’exception de ce dernier, toutes les autres espèces de poulets sont des créations humaines non naturelles, génétiquement modifiées.
Les poulets, tout comme les chiens, ont commencé à être domestiqués il y a environ 9000 ans.
La population mondiale actuelle de poulets domestiques est estimée à environ 28 milliards d’oiseaux à tout moment. La population totale estimée des 365 espèces différentes d’oiseaux marins dans le monde ne dépasse pas 1,5 milliard.
Les quelque 500 espèces de poulets domestiques surpassent largement en nombre les 365 espèces d’oiseaux marins.
«C’est la consommation de cerveaux de vaches broyés qui a causé la maladie de la vache folle»
L’industrie commerciale des œufs de poule produit environ 1200 milliards d’œufs par an. Chaque année, quelque sept milliards de poussins mâles sont abattus de manière atroce dans des hachoirs à viande dès leur naissance, puis transformés en farines de poulet et de porc, ce qui signifie que les poulets d’élevage sont également cannibales — une recette idéale pour la maladie de la «poule folle».
C’est la consommation de cerveaux de vaches broyés qui a causé la maladie de la vache folle. Cela n’a pas encore été vérifié pour les poulets, mais il s’agit d’une pratique très macabre, qui se déroule principalement à l’abri des regards et dont on ne se soucie guère.
Le nombre de poussins nouveau-nés abattus dépasse le nombre total d’oiseaux marins dans le monde.
Ce qui fait du poulet un consommateur aquatique, c’est le fait que des dizaines de millions de tonnes de poissons, soit environ 40% des prises mondiales annuelles, sont transformées en farine de poisson (granulés protéinés) destinée à nourrir les saumons d’élevage, les porcs et les poulets. Ce qui fait des poulets et des porcs de grands consommateurs de poisson.

Six millions de tonnes de poissons sont transformées en farine de poisson chaque année. Il faut quatre à cinq tonnes de poissons pour produire une tonne de farine de poisson.
Sur les six millions de tonnes de farine de poisson produites chaque année, environ 56% servent à nourrir les poissons d’élevage, 20% les porcs et 12% les poulets. Le reste est utilisé comme engrais. Les poulets consomment environ 4'787'000 tonnes de farine de poisson par an, ce qui correspond à environ 39 millions de tonnes de poissons sauvages capturés.
En raison du déclin mondial des populations de poissons sauvages, l’industrie du saumon d’élevage remplace le poisson par du krill provenant de l’océan Austral, privant ainsi les baleines, les manchots, les phoques et les oiseaux marins de leur nourriture pour satisfaire la demande humaine en saumon bon marché.
«Le fait que les poulets mangent du poisson viole les lois fondamentales de l'écologie»
L’année dernière, la pêche au krill a prélevé 650'000 tonnes métriques de krill dans l’océan Austral, et ses acteurs font pression pour obtenir le droit d’en prélever 1,2 million de tonnes métriques par an. Face à la diminution rapide des populations de petits poissons, les secteurs de l’élevage du saumon et de la volaille se tournent vers la pêche au krill comme source potentielle de farine de poisson.
Les manchots sont environ 18 millions, tandis qu’il n’y a qu’environ 28'000 d'albatros errants et que les goélands argentés sont environ 1,2 million.
Le fait que les poulets mangent du poisson témoigne d’un monde en déséquilibre avec la nature et viole les lois fondamentales de l’écologie. Les poulets épuisent les ressources dont disposent les oiseaux marins à l’échelle mondiale, provoquant un déclin généralisé de leurs effectifs et de leur diversité. Vingt-deux pour cent des espèces d’oiseaux marins voient leur population décliner, et en raison de la pêche au krill, toutes les espèces de manchots subissent un déclin démographique.
L’élevage industriel de poulets est également extrêmement cruel, et les élevages industriels constituent des foyers de pathogènes. Cela conduit l’industrie à euthanasier des millions d’animaux chaque année pour contrôler les épidémies virales.
Une autre préoccupation écologique et sanitaire concerne la forte proportion de microplastiques dans la farine de poisson. Les microplastiques et les nanoplastiques sont des polluants ingérés par les poulets, les porcs et les saumons, puis ingérés à leur tour par les humains.
La plupart des gens ne voient pas les poulets autrement que comme de la nourriture. La cruauté, les cages surpeuplées, les polluants, les produits chimiques, l’euthanasie et l’abattage massif des poussins sont des réalités qui, loin des yeux, sont loin du cœur. Et la plupart des gens n’imaginent jamais que les poulets mangent du poisson, ignorant totalement la quantité de poisson qu’ils consomment et la manière dont ils contribuent à la diminution des stocks de poissons et de krill.
«Lorsque les gens mangent des poulets élevés en batterie, ils consomment également du poisson et des nanoplastiques»
Le poulet est une création humaine, une machine à manger destructrice contribuant à la diminution massive des stocks de poissons en mer, conçue dans le but de fournir de la viande et des œufs aux êtres humains à grande échelle.
Lorsque les gens mangent des poulets élevés en batterie, ils consomment également du poisson et des nanoplastiques.
Outre la destruction causée par l’industrie de la farine de poisson, des millions d’oiseaux marins meurent chaque année après s’être empêtrés dans des filets de pêche, avoir ingéré des microplastiques, à la suite de marées noires, de la pollution et de la chasse pratiquée par les humains.
La mer n’est pas un endroit sûr pour les oiseaux marins.




Végétarienne depuis 20 ans, je ne suis pas opposée aux personnes qui mangent de la viande et du poisson.
En revanche, la planète comme l humanité se porteraient tellement mieux si chacun d entre nous prenait enfin conscience de ce que vous dites, et adaptait sa consommation à cette réalité: en manger oui, mais peut être moins, afin de se tourner exclusivement vers des produits locaux, et surtout issus de petites exploitations à taille humaine, où le bien être animal et les besoins fondamentaux des animaux sont respectés.
Tout est à revoir dans notre monde moderne, la mondialisation nous tue, et c est aux citoyens de modifier individuellement mais en masse leurs pratiques pour espérer faire chuter ce Système mortifère…