Les révélations explosives de l'ex-tsar antiterroriste américain
- Amèle Debey

- 22 mars
- 5 min de lecture
Ancien membre des forces spéciales, Joe Kent a claqué la porte du Centre national antiterroriste américain qu'il dirigeait mardi dernier. Dans une interview fleuve qui secoue Washington, l'ancien militaire débale: Israël aux commandes de la décision de guerre, hauts responsables écartés du président, enquête sur l'assassinat de Charlie Kirk stoppée net... ses révélations dessinent le portrait d'une administration gangrenée par l'influence extérieure et d'un président mal entouré.

Dans la culture populaire, Joe Kent est le père adoptif de Superman. Dans la vie réelle, Joe Kent est le nouveau héros américain qui vient de s'opposer à la guerre en Iran, jusqu'à la démission du Centre national antiterroriste, qu'il dirigeait depuis juillet 2025.
Déployé à onze reprises dans les guerres américaines «contre la terreur», cet ancien agent du renseignement, passé par la CIA, connaît bien le Moyen-Orient. C'est un homme du sérail, un partisan MAGA convaincu, formé dans les entrailles de l'appareil sécuritaire américain, qui a choisi de quitter l'administration Trump. Pour lequel il n'a d'ailleurs que des éloges à la bouche.

Le 17 mars, Joe Kent publie sa lettre de démission sur Twitter, et déclare «ne pas pouvoir, en bonne conscience, soutenir la guerre actuelle en Iran.» Il ajoute: «L'Iran ne menaçait notre nation en aucune façon et il est clair que nous avons lancé cette guerre sous la pression d'Israël et de son puissant lobby américain.»
Reçu par Tucker Carlson dans une interview diffusée le lendemain, Kent a livré, point par point, sa version de ce qui s'est passé dans les semaines précédant les frappes américano-israéliennes contre l'Iran. Une version qui contredit frontalement le récit officiel de l'administration Trump.
Israël aux commandes
À la question de savoir qui a réellement décidé d'attaquer l'Iran, Kent ne tourne pas autour du pot: «Les Israéliens ont piloté la décision d'attaquer et nous savions que cela déclencherait une série d'événements, à savoir que les Iraniens riposteraient», dit-il. Et d'ajouter, cinglant: les États-Unis auraient simplement pu dire à Israël «non, vous n'attaquerez pas et si vous le faites, vous perdrez notre soutien». Ils ne l'ont pas fait.
Cette affirmation est d'autant plus explosive qu'elle vient d'un homme qui avait accès aux renseignements les plus sensibles du pays. Et elle soulève une question cruciale, que Joe Kent formule d'ailleurs clairement dans l'interview: qui dirige vraiment la politique étrangère américaine au Moyen-Orient?
L'Iran ne construisait pas la bombe
Deuxième révélation, non moins dérangeante: l'Iran ne représentait pas la menace imminente que l'administration a vendue à l'opinion publique. Selon Joe Kent, l'Iran avait instauré une fatwa sur le nucléaire depuis 2004. Sa stratégie consistait à ne pas abandonner complètement son programme nucléaire, sans pour autant chercher à obtenir la bombe. Or, le duo Trump-Netanyahou a précisément assassiné l'ayatollah à l'origine de cette fatwa, selon lui.
Ce scénario n'est pas sans rappeler celui qui avait servi à justifier l'invasion de l'Irak en 2003: les fameuses armes de destruction massive qui n'existaient pas. Kent le dit lui-même, sans prendre de gants: «C'est le même procédé que les Israéliens ont utilisé pour nous entraîner dans la désastreuse guerre en Irak, qui a coûté la vie à des milliers de nos meilleurs hommes et femmes.» Joe Kent évoque d'ailleurs le coup de bluff de Colin Powell, et déclare s'être toujours promis de tout faire pour éviter une guerre s'il devait un jour être dans cette même position.
Les voix discordantes étouffées
Troisième volet du tableau: à l'intérieur même de l'administration, ceux qui avaient des doutes n'ont jamais pu les exprimer au président. «Un bon nombre de décideurs clés n'ont pas été autorisés à venir exprimer leur opinion au président», révèle Kent. Lui-même en fait partie. Quand il a compris que ses préoccupations seraient ignorées, il a tiré sa révérence: «Je sais que le chemin que nous empruntons ne fonctionne pas, je l'ai vu par le passé. Je ne peux pas en faire partie en bonne conscience.»
Selon Kent, des membres des renseignements israéliens sont très forts pour manipuler l'administration, en partageant de fausses informations prétendument confidentielles, qui n'ont pour seul but que de déclencher les réactions américaines souhaitées. Il accuse de hauts gradés israéliens, mais également des membres influents des médias d'avoir orchestré une campagne de désinformation pour préparer la population américaine et influencer le président dans le but de précipiter une guerre contre l'Iran.
C'est le portrait d'un Trump entouré d'une bulle, nourri d'informations sélectionnées, coupé des voix qui auraient pu le freiner, que dresse l'ancien militaire. Trump a rejeté les critiques de Kent le lendemain, affirmant qu'il avait «toujours pensé que Kent était faible sur la sécurité» et que les personnes qui ne croyaient pas que l'Iran représentait une menace «ne sont pas des gens intelligents, ou pas des gens avisés».
«Empêche-nous d'entrer en guerre contre l'Iran»
Mais c'est sans doute le passage sur Charlie Kirk – ce célèbre militant politique conservateur assassiné le 10 septembre 2025 – qui a le plus électrisé l'interview. Kent révèle que la dernière fois qu'il a vu Kirk, c'était trois mois avant sa mort, dans un couloir de l'aile ouest de la Maison Blanche. Le fondateur de Turning Point USA l'a regardé dans les yeux et lui a dit: «Joe, empêche-nous d'entrer en guerre contre l'Iran», avant de se diriger vers le Bureau ovale.
Kirk s'opposait publiquement à cette guerre depuis des mois, notamment sur Twitter: «Une nouvelle guerre au Moyen-Orient serait une erreur catastrophique», écrivait-il, dénonçant les «faucons de guerre» qui voyaient dans l'Iran «leur dernière chance d'obtenir la grande baleine blanche qu'ils chassent depuis trente ans». Il a été assassiné quelques semaines plus tard.
Une enquête stoppée
C'est là que l'interview bascule dans un territoire encore plus inconfortable. Kent affirme que le Centre national antiterroriste, qu'il dirigeait encore à l'époque, a été empêché de poursuivre son enquête sur l'assassinat de Kirk – notamment sur d'éventuelles connexions étrangères. «On nous a dit que cet individu, Robinson, était un tireur isolé – et peut-être que c'est le cas. Mais l'enquête à laquelle je participais a été stoppée», lâche-t-il.
Sans nommer explicitement Israël, Kent laisse entendre que des questions légitimes n'ont pas pu être posées – ni sur l'assassinat de Kirk, ni sur la tentative d'assassinat contre Trump lui-même. Les grands médias américains ont immédiatement qualifié ces suggestions de «théories du complot non fondées». Pour le moment, aucune preuve publique ne relie Israël à ces événements. Mais l'empressement à couper court au débat interroge autant que les affirmations elles-mêmes.
Ce que Joe Kent décrit, au fond, c'est moins un complot qu'un système: celui d'un président puissant sur le papier, mais dont les décisions sont façonnées par un réseau d'influences qu'il ne contrôle pas. Une description qui, si elle est exacte, dépasse largement la question iranienne et dit quelque chose de fondamental sur l'état réel du pouvoir à Washington.
Le FBI a ouvert une enquête contre Joe Kent pour divulgation d'informations confidentielles. Si l'information est tombée après l'annonce de sa démission, l'administration assure que l'enquête a démarré avant.






Et si le rôle de Joe Kent était tout simplement de montrer aux gens que les USA doivent sortir de l'influence israélienne... sans que Trump ne se mouille ? C'est la théorie des fausses chicanes de Radio Quebec... théories jusque là bien plus fiables que celles de la plupart des experts médiatiques mainstream.
Impressionnant et tellement convaincant! Comment faire pour que votre voix soit entendue ?