Jacques Baud: ses comptes suisses bloqués sans avertissement
- Amèle Debey

- il y a 1 heure
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Alors que les sanctions européennes dont il fait l’objet ne sont pas reprises en Suisse, Jacques Baud a eu la mauvaise surprise de constater que ses comptes bancaires ont été bloqués par UBS, sans sommation. Et ce, alors qu'il a reçu un coup de fil pour le moins étonnant...

Nouveau rebondissement dans l’affaire Jacques Baud. «Malgré le fait que la Suisse a explicitement dit qu’elle n’avait pas adopté les sanctions me concernant et même adressé une protestation à l’UE; malgré que le ministère belge des finances m’a autorisé le 6 février à accéder à mon compte bancaire belge et a autorisé les transferts d’argent entre mon compte suisse et mon compte belge, ma banque suisse UBS a décidé unilatéralement et sans m’en avertir au préalable, de bloquer toutes mes cartes bancaires et de crédit, m’empêchant d’effectuer des paiements hors de la zone de l’UE, où les sanctions européennes ne sont pas applicables», a déclaré l’ex-colonel suisse à L’Impertinent, dimanche. «Ainsi, par exemple, a-t-il ajouté, j’ai dû interrompre mes abonnements au New York Times et au Wall Street Journal, alors que j’avais pu les payer en décembre 2025 et en janvier 2026!»
A priori, le blocage concernerait non seulement ses cartes mais également ses comptes, puisque l'ex-militaire n'a, à cette date, toujours pas reçu sa retraite censée tomber aux alentours du 6 février.
Contactée par L’Impertinent aux premières heures (acceptables) de ce lundi matin, UBS nous a fait attendre toute la matinée avant de répondre par un simple: «pas de commentaire».
Dans quels cas un blocage peut être décidé sans prévenir?
Sécurité/fraude (blocage automatique après une connexion suspecte, une tentative de phishing, un paiement inhabituel, une carte compromise, etc.)
KYC/documents expirés (permis de séjour, pièce d’identité, adresse, statut fiscal)
Conformité AML/sanctions (blanchiment, soupçon, screening sanctions)
Si la banque fait une démarche AML (Anti-Money Laundering, lutte contre le blanchiment d’argent), elle peut geler des avoirs et surtout elle peut être tenue de ne pas «informer» de certains éléments. La loi suisse prévoit le gel en lien avec une communication et encadre la transmission d’infos. Dès qu’une situation touche à une communication à MROS (Money Laundering Reporting Office Switzerland, le Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent), il existe des contraintes de non-divulgation dans certains cas.
«Bonjour, êtes-vous sous sanctionS?»
Employée d'UBS à Jacques Baud, le 13 février dernier.
Le 13 février dernier, une employée d’UBS a contacté Jacques Baud pour lui demander s’il était sous sanction, après avoir appris la nouvelle dans les journaux. Celui-ci l’a priée de se coordonner avec le Secrétariat d'État à l'économie (SECO), lui rappelant que les sanctions ne sont pas valables en Suisse. Cette démarche pour le moins surprenante n’a pas éveillé les soupçons de l’ancien membre des renseignements, qui se retrouve désormais privé de ses ressources dans son propre pays, puisque rien n’a été dit en ce sens. Selon ses déclarations, Jacques Baud n’a reçu aucune information, ni explication de la part de la banque après s’être interrogé sur le blocage de ses cartes.
Sollicité par L'Impertinent, le SECO nous a rappelé que la Suisse n'avait pas repris ces sanctions, mais a ajouté: «Nous attirons votre attention sur le fait que les banques sont libres, pour des raisons de risque et de réputation, de prendre des mesures allant au-delà des exigences légales minimales de la Suisse et d'aligner leurs pratiques commerciales sur les sanctions internationales.»
Sans le sou
Malgré une dérogation humanitaire octroyée le 6 février dernier, Jacques Baud nous a également informés qu'il n'avait toujours pas accès à ses comptes belges. Contacté, le ministère des Finances basé à Bruxelles nous a répondu qu'il ne pouvait donner aucune information sur les situations particulières confidentielles.
(Re)lire notre article: Jacques Baud a obtenu une dérogation humanitaire, ses comptes bientôt libérés
Il n’est pas inutile de rappeler qu’en termes de contrôle de réputation, les critères d’UBS semblent pour le moins à géométrie variable. En 2014, alors que JPMorgan venait de fermer les comptes de Jeffrey Epstein – déjà emprisonné et condamné en 2008 après avoir plaidé coupable d’incitation à la prostitution d’une mineure –, UBS lui a pourtant accordé une carte de crédit, comme l’atteste un courriel, rappelle l’agence Reuters. Quelques mois plus tard, la banque a clôturé ce compte en septembre, en invoquant un «risque d’atteinte à sa réputation» selon un mail du comptable d’Epstein, tout en maintenant parallèlement ses relations avec Ghislaine Maxwell malgré des révélations médiatiques sur sa proximité avec lui. UBS a refusé de répondre aux questions de Reuters sur ce choix.
À l'approche d'une votation capitale sur l'inscription de l'argent liquide dans la Constitution suisse, le pouvoir octroyé aux banques et les largesses que celles-ci s'autorisent dans la gestion de notre argent sont plus que jamais d'actualité. À ce sujet, le Cercle Rousseau a d'ailleurs publié une interview de l'essayiste Vincent Held, afin de comprendre les enjeux du projet et le fonctionnement de la Banque nationale suisse (BNS) et de la Banque des règlements internationaux (BRI).




Les banques ne respectent aucune loi. Virez les !
quel absolu scandale où la seule règle qui est en vigueur est l'arbitraire, plus l'improvisation au jour le jour de gens totalement incompétents, apeurés et qui cèdent aux pressions, comme dans les pires régimes totalitaires. Le Seco répond n'importe quoi; il faut une base légale; il ne la fournit pas. Avoir tel client pourrait nuire à ma réputation donc je le vire ! Il faut se pincer pour se dire que c'est vrai ! Il n'y a plus d'Etat de droit même en Suisse.
Il faudrait un mouvement de citoyens qui retirent l'argent des banques, suffisamment important pour les inquiéter et les faire plier; mais c'est juste un rêve. il n'y a que le rapport de force qui compte.
Est-ce…