Figure bien connue du canton de Vaud, Pierre-Yves Maillard ne s’est pas détourné de la politique en quittant la tête de l'Etat. Conseiller national socialiste et président de l’Union syndicale suisse, celui que l’on surnomme PYM continue à se battre pour les valeurs humanistes que son parti est censé représenter. Tout au long de la crise Covid, il a été l’un des seuls personnages publics de gauche à plaider pour une gestion plus cohérente et permissive. Aujourd’hui, c’est pour l’initiative sur les soins infirmiers que Pierre-Yves Maillard se bat bec et ongles, espérant que l’on puisse au moins utiliser la pandémie comme un tremplin pour une meilleure gestion de notre système de soins.
© USS
Amèle Debey, pour L'Impertinent: Commençons par le début: qu’est-ce que cette initiative pour les soins infirmiers?
Pierre-Yves Maillard: C’est une initiative populaire, lancée par l’association suisse des infirmières et infirmiers, qui vise à rédiger un article pour la Constitution fédérale, soutenue par presque toutes les organisations syndicales et quelques forces politiques de gauche. Cet article demande que la Confédération reconnaisse les soins infirmiers comme une ressource importante du système de santé. Qu’elle les soutienne. Elle devra renforcer le nombre de personnes qui se forment. En cours d’emploi également. L’initiative demande encore que les soins infirmiers soient mieux valorisés dans les systèmes tarifaires, que des règles de dotation soient édictées pour les établissements de soins, afin que les conditions de travail soient améliorées. Au fond, il s’agit de créer un droit à tout un chacun de bénéficier de soins infirmiers suffisants et de qualité. C’est un texte général qui pose vraiment le principe d’une action de la Confédération pour soutenir cette ressource en soin absolument indispensable, qui est en crise. Et qui le sera encore plus si rien ne se passe.
Ces soins ne sont donc pas assez soutenus?
Non. On est dans un système de santé qui consomme énormément d’argent. Plus de 80 milliards de francs suisses. C’est, en comparaison internationale, plus que les autres pays. Il n’y a que les Etats-Unis qui dépensent davantage. Mais, malheureusement, une bonne partie de cet argent est destiné à des actes certes nécessaires, mais dont la rémunération est beaucoup trop forte en comparaison avec les soins infirmiers. Je parle des actes liés à une technologie – là les tarifs sont très, très élevés – mais les soins infirmiers sont pris dans un système de financement insuffisant.