Journal imprévisible

Mis à jour : juin 19

On peut reprocher ce que l'on veut à Roland Jaccard, mais certainement pas son déni d'impertinence! Même si on ne sait jamais très bien si cet écrivain et psychanalyste pense vraiment ce qu'il écrit, la rubrique «Opinions» accueille sa première canaille subversive et anticonformiste, en toute liberté de ton...et de style, dans un journal décomplexé régulièrement mis à jour. Âmes sensibles s'abstenir!

Mardi 9 juin 2020

Au courrier ce matin le roman de Jean-Paul Enthoven, Ce qui plaisait à Blanche. D’un classicisme raffiné, d’une érudition qui désarçonnera les jeunes générations, d’un snobisme élevé au rang des beaux-arts. Avec des réflexions philosophiques qui m’enchantent. Par exemple, sur ce qui reste de la vie quand on prend conscience que tout ce que l’on vivra jusqu’à son dernier jour, le meilleur comme le pire, a déjà été vécu. «Ce moment, écrit Jean-Paul Enthoven, où l’on sait que toutes les sensations à venir, bonnes ou mauvaises, ne seront jamais que la répétition de sensations anciennes et déjà éprouvées. Le reste de la vie, c’est ce qui advient quand, par un décret du destin, rien d’inédit ne peut plus surgir dans l’existence. Ni un paysage. Ni un être. Ni un désir. Ni un chagrin.» Il faut être tenté par la déchéance et imprégné de Benjamin Constant, de Proust et de Cioran pour apprécier à sa juste valeur ce roman hors du temps de l’ami Enthoven. C’est ma première impression, mais comme chacun le sait, la première impression est presque toujours la plus juste. Les unhappy few seront comblés par ces adieux à la littérature d’Enthoven. Les autres se perdront dans les brouillards d’un temps jamais retrouvé.

Je suis toujours troublé par ces jeunes filles, souvent des adolescentes encore, qui se masturbent sur Snapchat en implorant d’être traitées de salopes et de grosses putes. Ce spectacle me laisse songeur. C’est parfois excitant de les encourager dans ces exercices d’humiliation qui me rappellent les confidences d’un psychanalyste qui avait sur son divan une féministe aguerrie et célèbre qui passait des nuits à se faire baiser par des Noirs dans des hôtels miteux proches de la Gare de Lyon. Même Freud n’ayant rien compris à la psychologie féminine, selon son propre aveu, j’y renonce aussi. Tout en soupçonnant que seule l’humiliation leur procure une réelle jouissance. Évidemment, on peut rétorquer avec Lacan que si toute femme cherche un Maître, c’est pour mieux le dominer ensuite.

Mercredi 10 juin 2020

Je souscris pleinement à cette formule de Bernard-Henri Lévy, irrité par notre hygiénisme exacerbé, qui ne comprend pas qu’à la place de l’ancien contrat social, on ait instauré un nouveau contrat vital qui nous conduit tout droit à cette servitude volontaire, chère à la Boétie. Il s’explique dans un petit livre, Ce virus qui rend fou. L’instauration d’un État Thérapeutique me révulse et, pour ma part durant ce confinement, j’ai veillé à ne changer en rien mon style de vie. J’ai toujours été persuadé qu’il faut pleurer les hommes à leur naissance et non à leur mort. Rares sont ceux qui m’ont approuvé. Seule une étudiante de Sciences Po, attirée par ma sulfureuse réputation, a bravé les interdits pour passer quelques nuits intenses chez moi. J’espérais la revoir après le déconfinement: ce ne fut pas le cas. J’appris par des amis communs qu’elle avait fait une tentative de suicide. Ce serait à porter à son crédit si elle n’avait pas totalement disparu, me laissant plus que des regrets: je m’étais vraiment attaché à elle. Elle me rappelait mon passé et, pour une fois, sans doute la dernière, j’avais trouvé avec elle une complice avec laquelle je pouvais parler de Walras et de Pareto.

© DR


Qui se souvient encore de Vilfredo Pareto (1848-1923)? Avec Léon Walras, il enseigna l’économie politique et la sociologie à l’Université de Lausanne. Prophétique, il avait annoncé quelques traits de la crise européenne d’aujourd’hui. Par exemple, que l’élite dirigeante d’aujourd’hui, composée presque uniquement de «renards», hommes de ruse et d’expédients, déracinés et toujours enclins à la nouveauté Emmanuel Macron en est un bel exemple (il les opposait aux «Lions») a perdu la confiance des masses, mais croit encore pouvoir résoudre tout problème par des combinaisons médiocres. Affaiblie par un humanitarisme sans vigueur, elle recule devant l’emploi de la force, dessinant ainsi le paysage politique que nous avons sous les yeux. Pareto est l’auteur d’une sentence qui est restée gravée dans tous les esprits: «L’Histoire est un cimetière d’aristocrates.»

Comme il était excitant, entre deux ébats amoureux, de pouvoir évoquer Pareto et sa circulation des élites avec cette délicieuse amante qui pensait avoir encore un avenir devant elle. Mais y a-t-il encore un avenir pour les insoumis et les êtres d’exception? J’en doute fort: les médiocres, les incultes et les conformistes ont désormais toutes leurs chances. Oui, le monde d’après sera le même que celui d’avant, mais en pire.

Je ne vous ferai pas l’affront de citer le nom de l’auteur de cette réflexion. Sans doute un lecteur de Pareto.

Jeudi 11 juin 2020

Après avoir livré un combat acharné contre le réchauffement climatique, après avoir soutenu #MeeToo, après avoir lutté contre le virus de Wuhan et nous être confinés, nous voici toujours en vaillants petits soldats sommés d’étrangler l’hydre raciste.

Décidément, les humains soucieux de s’enrôler sous la bannière du Bien ne ménagent pas leurs efforts pour des causes perdues. Est-ce par esprit moutonnier? Par hypocrisie? Pour flatter leur narcissisme? Pour tromper leur ennui? Peu importe, en réalité. Si j’osais, je dirais que c’est par une forme d’aveuglement qui les empêche de voir que tout est foutu et que leurs engagements ne changeront rien au fait que les humains n’ont jamais été et ne seront jamais disposés à s’aimer. Chacun patauge dans ce monde boueux, s’efforçant de s’en tirer au mieux, fût-ce au dépens d’autrui. Certains y parviennent et c’est rarement glorieux. Autant en emporte le vent, comme disait François Villon, voleur, assassin et poète. Comment d’ailleurs n’a-t-on pas interdit depuis longtemps le film inspiré par le roman de Margaret Mitchell? Hitler le considérait comme un chef-d’œuvre absolu. Voilà qui aurait déjà dû éveiller des soupçons.

L’homme en quête de lui-même. © DR

Vendredi 12 juin 2020

Il a suffi qu’elle apprenne que j’étais un ami de longue date de Gabriel Matzneff et que je travaillais avec Elisabeth Lévy à Causeur pour que cette étudiante à Sciences-Po rompe immédiatement tout lien avec moi. Pourtant, au départ, je la fascinais: elle me proposait même de jouer aux échecs avec elle, voire à d’autres jeux. Bientôt, il ne me restera plus que Marion Maréchal!

Roland Jaccard, jadis. © DR

Samedi 13 juin 2020

Rêvé cette nuit que j’étais au Café Central, à Vienne, en compagnie de Thomas Bernhard. Il était en verve, se gaussant de la quête de perfection des artistes. En fin de compte, me disait-il et je ne pouvais que l’approuver, tout conduit à l’échec, tout finit au cimetière. Vous pouvez faire ce que vous voulez, la mort nous emporte tous et alors tout est terminé. La plupart se laissent emporter par la mort dès l’âge de dix-sept ou dix-huit ans. Les jeunes gens d’aujourd’hui se jettent littéralement dans les bras de la mort. À douze ou quatorze ans, il sont déjà morts.

À une table voisine, un vieux monsieur d’allure très distinguée et qui suivait notre conversation, l’interrompit pour lui demander ce qu’il pensait de la lecture nihiliste de son œuvre. Visiblement irrité, Thomas Bernhard lui répondit: «Je m’en bats l’œil, ça m’est complètement égal, la façon dont les gens lisent mes textes.» Le vieux monsieur insista: «Même s’ils vous appellent ensuite au téléphone pour vous dire qu’ils ont envie de se suicider avec vous?» Thomas Bernhard coupa court à la conversation assez sèchement: «Dieu merci, presque personne ne m’appelle plus.» Puis il se tourna vers moi et me dit «Qu’est-ce qu’ils peuvent être raseurs ces piliers de café.»

Puis, dans un monologue dont je ne saisissais pas tout, il évoqua le mariage idéal: il ne peut exister que si la femme est la servante de l’homme. Évidemment, ce n’est jamais le cas. Alors autant rester célibataire. Oui, ajouta-t’il, j’ai bien aimé Les belles endormies de Kawabata. Et aussi la façon dont il s’est donné la mort. C’est d’ailleurs la meilleure chose qu’un écrivain puisse faire: se donner la mort. Il me regarda fixement et grommela: «Si tu te suicidais maintenant, j’aurai le plus grand respect pour toi.»

Sur ces mots, je me réveillai encore interloqué. Et je me demandai si le respect de qui que ce soit, fût-ce de Thomas Bernhard, m’importait. La réponse fut évidemment: non. Et je ne doutais pas que c’est celle qu’il attendait de ma part.

Thomas Bernhard. © DR

Dimanche 14 juin 2020

Karl Kraus, ce témoin de l’apocalypse viennoise, notait que tôt ou tard «ce qu’on fait à la langue, on le fera à l’homme.» Quand j’entends comme hier, Place de la République, lors d’une manifestation anti-raciste, des Africains scander: «Mort aux Juifs», je ne peux m’empêcher de penser que nous arrivons au stade ultime d’une décadence que personne ne voit parce que tous l’ont acceptée: la démolition des structures de la pensée avec la ruine de la langue. Au point que le français est devenu une langue étrangère aux Français eux-mêmes.

Y a-t-il du racisme en France? Ni plus, ni moins que partout ailleurs. La différence engendre la haine, disait Stendhal. Il semblerait néanmoins que les Français d’origine africaine ne soient pas plus stigmatisés que d’autres, affirmait un spécialiste noir des problèmes de ségrégation à la télévision. Et il comparait les Africains formés en Afrique à ceux qui viennent des banlieues. Les premiers n’ont aucune difficulté à trouver du travail en France, car ils sont beaucoup mieux qualifiés, alors que les autres sont de la racaille inculte dont personne ne veut. D’une certaine manière, ils sont devenus plus français que les Français eux-mêmes. Je buvais du petit lait en l’écoutant. Mon ami Amar, élevé au Mali dans une école tenue par des religieux, corrobore ces propos. Il n’est pas surprenant, ajoutait-il, que les Coréens et les Chinois avec lesquels il travaille, considèrent avec condescendance quand ce n’est pas avec mépris la France telle qu’elle se décompose depuis un demi-siècle. L’apocalypse finale se rapproche! Pour qui se réjouit aux spectacles du déclin, ce n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle.

Karl Kraus, témoin de l’apocalypse. © DR

Lundi 15 juin 2020

Quel soulagement de savoir que les restaurants parisiens sont à nouveau ouverts. Je vais pouvoir retourner chez Yushi, ma cantine japonaise rue des Ciseaux, et me remettre au Natto dont la presse (je donne mes références: The Guardian et le British Medical Journal) suggère que c’est le meilleur vaccin contre le Covid-19 et même, dans des cas bénins, un remède efficace. Des scientifiques japonais ont observé que, dans les régions où les Japonais mangent beaucoup de Natto, pas un seul décès lié à ce virus n’a été observé. Des chercheurs néerlandais sont arrivés à la même conclusion après avoir découvert un lien entre les formes graves de Covid-19 et une carence en vitamine K, essentielle à la production de protéines qui régulent la coagulation et peuvent protéger contre les maladies pulmonaires. Grand consommateur de Natto, me voici donc condamné à la santé.

Après ces considérations un peu pédantes, mais qui raviront les hypocondriaques, j’en viens à la drague sur le Net qui explose avec la fin de la pandémie. Nous en parlions avec des amis au Golfe de Naples (c’est ma cantine italienne) et je les ai amusés en leur racontant que, pour éviter de me faire arnaquer, je demande leur carte d’identité aux jeunes femmes qui me demandent un peu d’argent pour se rendre à Paris. La plupart m’expliquent navrées qu’on leur a volé leur sac, mais que je dois leur faire confiance. Elles me proposent des cams érotiques pour me rassurer sur leur identité. Par curiosité, j’accepte, mais je ne reviens pas sur ma décision. Pas de papiers d’identité, pas de coupons.

La dernière en date, prétextant qu’elle était japonaise et qu’une Japonaise tient toujours parole, m’a harcelé pendant quelques semaines avec des photos auxquelles je n’étais pas insensible. Il s’en est fallu de peu pour que je ne cède. Mais elle a commis une erreur fatale en m’envoyant une photo de son billet de train. La Gare de Lyon où elle devait arriver, avait été remplacée par la Gare Saint-Lazare. Le diable se niche dans les détails: ma jolie Japonaise a raté son coup. J’en étais presque navré pour elle. L’escroquerie est un art difficile qui réclame plus d’attention et de perspicacité que bien des métiers. Si j’étais encore en lien avec elle, je lui conseillerais de se reconvertir dans le commerce de Natto.

Même pour une Japonaise, l’arnaque n’est pas toujours facile... © DR

Mardi 16 juin 2020

Son meilleur film, Annie Hall, confession d’une mélancolie poignante celle des illusions perdues et des amours enfuies , Woody Allen le clôt sur un mot d’esprit qui m’a beaucoup servi lorsque je me piquais de psychiatrie. C’est l’histoire d’un homme qui consulte un ponte de la médecine et lui dit: «Docteur, mon frère est fou, il se prend pour une poule!» «Eh bien, faites-le enfermer», lui suggère le psychiatre. Sur quoi l’homme lui répond: «Je le ferais bien, mais j’ai besoin des œufs!»

Commentaire de Woody Allen: c’est à peu près comme ça que j’ai tendance à voir les relations entre les êtres... complètement irrationnelles, folles et absurdes... mais que nous recherchons néanmoins, parce que nous avons besoin d’œufs...

Le plus insensé, c’est cette jeune fille de Belfort qui a vendu ses bijoux de famille pour passer quelques nuits avec moi. J’ignore tout d’elle. Elle me dit être dégoûtée de l’existence, suicidaire et apprécier les Schlager des années soixante, donc correspondre parfaitement à la typologie jaccardienne. Je l’ai vivement dissuadée de me rejoindre rue Oudinot, sans doute en pure perte. Évidemment, il est toujours possible que ce soit une aimable plaisanterie concoctée par mes potes. Sa photo laisse présager le meilleur, ce qui n’est pas un bon signe.

En revanche, j’ai bien reçu ce matin: Soit dit en passant, l’autobiographie de Woody Allen. J’y reviendrai. Et pour conclure ce mot de Woody: «Je ne crois pas à l’au-delà, mais j’emmène quand même un caleçon de rechange.»

La bande annonce d'Annie Hall


Mercredi 17 juin 2020

Dans la vie, il n’y a guère que deux choix possibles: une corde pour se pendre ou suivre la voix de la raison. L’étudiante de Belfort a opté pour la raison et remis à plus tard son séjour à Paris. Cela m’a soulagé et donné le temps de me plonger dans l’autobiographie de Woody Allen. Il l’a dédiée à Soon-Yi, «la meilleure d’entre toutes», non sans ajouter malicieusement: elle me mangeait dans la main, jusqu’au jour où j’ai vu qu’il me manquait un bras.C’est sans doute le destin de tout couple qui ne prend pas la décision de se séparer dès lors que la routine s’installe, d’autant qu’en général, l’homme recherche des aventures sans lendemain, alors que la femme veut des lendemains sans aventure.

Dans le cas de Soon-Yi, l’affaire est plus complexe, Woody Allen ayant été accusé d’être un père incestueux et violeur. Difficile dans ces conditions de l’abandonner, d’autant plus que Mia Farrow le poursuivait de sa haine et qu’il était devenu la cible des féministes. Et puis, être un paria offre quelques avantages qu’il énumère avec son humour insubmersible. «  Tout d’abord, écrit-il, on ne vous demande pas sans arrêt de monter sur un podium, d’écrire des phrases élogieuses sur toutes sortes de livres, de sauver des baleines ou de faire des discours pour des remises de diplômes - sans compter qu’un type dont la connaissance de la Constitution américaine se limite à l’amendement qui a aboli la Prohibition n’est pas forcément un bon choix pour inspirer des étudiants. » Il raconte que Hillary Clinton a refusé le don qu’il voulait lui faire pour sa campagne électorale. C’est dire si elle méritait de perdre contre Donald Trump.


C’est d’ailleurs la grande chance de Woody Allen, il y revient souvent, d’avoir eu le sens de l’humour, sinon il aurait fini comme pleureuse professionnelle dans les enterrements ou monstre dans une foire. Son seul regret : n’avoir jamais réalisé un seul grand film. On le lui pardonnera d’autant plus volontiers qu’il a enchanté notre jeunesse ( en tout cas la mienne), la prolongeant jusqu’à lecture de son autobiographie qui vaut bien les quelques nuits que j’aurais passés avec une étudiante de Belfort qui ignore sans doute jusqu’à son existence. Woody Allen dit qu’il aurait volontiers échangé son talent contre celui de Fred Astaire. Je le rassure : il a été notre Fred Astaire.


Mercredi 17 juin 2020 Dans la vie, il n’y a guère que deux choix possibles: une corde pour se pendre ou suivre la voix de la raison. L’étudiante de Belfort a opté pour la raison et remis à plus tard son séjour à Paris. Cela m’a soulagé et donné le temps de me plonger dans l’autobiographie de Woody Allen. Il l’a dédiée à Soon-Yi, «la meilleure d’entre toutes», non sans ajouter malicieusement: elle me mangeait dans la main, jusqu’au jour où j’ai vu qu’il me manquait un bras. C’est sans doute le destin de tout couple qui ne prend pas la décision de se séparer dès lors que la routine s’installe, d’autant qu’en général, l’homme recherche des aventures sans lendemain, alors que la femme veut des lendemains sans aventure.

Dans le cas de Soon-Yi, l’affaire est plus complexe, Woody Allen ayant été accusé d’être un père incestueux et violeur. Difficile dans ces conditions de l’abandonner, d’autant plus que Mia Farrow le poursuivait de sa haine et qu’il était devenu la cible des féministes. Et puis, être un paria offre quelques avantages qu’il énumère avec son humour insubmersible. «Tout d’abord, écrit-il, on ne vous demande pas sans arrêt de monter sur un podium, d’écrire des phrases élogieuses sur toutes sortes de livres, de sauver des baleines ou de faire des discours pour des remises de diplômes sans compter qu’un type dont la connaissance de la Constitution américaine se limite à l’amendement qui a aboli la Prohibition n’est pas forcément un bon choix pour inspirer des étudiants.» Il raconte que Hillary Clinton a refusé le don qu’il voulait lui faire pour sa campagne électorale. C’est dire si elle méritait de perdre contre Donald Trump.

C’est d’ailleurs la grande chance de Woody Allen, il y revient souvent, d’avoir eu le sens de l’humour, sinon il aurait fini comme pleureuse professionnelle dans les enterrements ou monstre dans une foire. Son seul regret: n’avoir jamais réalisé un seul grand film. On le lui pardonnera d’autant plus volontiers qu’il a enchanté notre jeunesse (en tout cas la mienne), la prolongeant jusqu’à lecture de son autobiographie qui vaut bien les quelques nuits que j’aurais passés avec une étudiante de Belfort qui ignore sans doute jusqu’à son existence. Woody Allen dit qu’il aurait volontiers échangé son talent contre celui de Fred Astaire. Je le rassure: il a été notre Fred Astaire.


Le journal de Roland Jaccard reviendra après l'été, son auteur devant répondre à divers engagements impliquant notamment des tables de ping-pong et autres bassins plus ou moins bien fréquentés.