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Enseignants désespérés face à une «jeunesse Covid» sacrifiée

Amèle Debey · 26 mai 2021 · 9 min de lecture

Si les personnes âgées ont payé le plus lourd tribut de la pandémie de coronavirus, on a tendance à oublier que c’est la génération de demain qui essuie les conséquences des mesures prises. En Suisse romande, un collectif de près d’une centaine d’enseignants et d'éducateurs a été créé afin d’offrir un espace de dialogue à ceux qui ne sont pas d’accord avec la politique éducative des différents cantons. Car la stratégie sanitaire ne souffre aucun débat au sein des établissements. L’Impertinent a recueilli le témoignage de certains de ces acteurs primordiaux mais malmenés de la société, qui s’inquiètent pour cette jeunesse au futur incertain.

Image prétexte © Pixabay


«Chaque élève doit pouvoir se sentir en sécurité, s’instruire et s’épanouir dans un climat serein dans tous les lieux de formation vaudois.» C’est la mission principale que la Direction générale de l’enseignement obligatoire (DGEO) s’est fixée, si on en croit son site internet. Seulement, depuis un an et demi, on est loin du compte, comme l’ont rapporté plusieurs membres du corps enseignant à L’Impertinent. Sabrina* enseigne quelque part dans le canton de Vaud. Si elle a tenu à s’exprimer, c’est parce qu’elle est très inquiète pour ses collégiens, qu’elle voit s’enfoncer dans une extrême apathie dont elle ne trouve pas de porte de sortie. «Ce qui m’inquiète le plus, c’est le niveau de déscolarisation des adolescents. Mes collègues me disent à quel point ils n’en peuvent plus de ramer pour essayer de faire sortir les jeunes de leur passivité. Cela fait 20 ans que j’enseigne, je n’ai jamais été dans une telle difficulté pour transmettre», souffle-t-elle.


Une déroute aux multiples causes

L’ambiance anxiogène dans laquelle nous évoluons depuis le début de la crise sanitaire est encore plus flagrante sur les bancs d’école, puisque, selon Sabrina, on a fait porter un poids bien trop lourd aux jeunes du cursus obligatoire. Elle témoigne de leur angoisse face à la culpabilisation qu’on leur impose: «J’ai des collègues qui harcèlent les collégiens lorsqu’ils ne mettent pas leur masque comme il faut sur le nez. Jusqu’à leur coller des heures d’arrêt. Un cerveau d’adolescent, pour être concentré, a besoin d’être oxygéné. Lorsqu’on respire notre propre CO₂ toute la journée, on n’est pas en état de faire grand-chose. Il y a une passivité énorme.»

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Enseignants désespérés face à une «jeunesse Covid» sacrifiée

Dernière mise à jour : 22 juin 2023

Si les personnes âgées ont payé le plus lourd tribut de la pandémie de coronavirus, on a tendance à oublier que c’est la génération de demain qui essuie les conséquences des mesures prises. En Suisse romande, un collectif de près d’une centaine d’enseignants et d'éducateurs a été créé afin d’offrir un espace de dialogue à ceux qui ne sont pas d’accord avec la politique éducative des différents cantons. Car la stratégie sanitaire ne souffre aucun débat au sein des établissements. L’Impertinent a recueilli le témoignage de certains de ces acteurs primordiaux mais malmenés de la société, qui s’inquiètent pour cette jeunesse au futur incertain.

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